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Commentaires
kaelin 28/08/2017 10:12:02
Perso, Siry, des scènes de dégradation dues à la maladie, j'en ai eu mon content dans les films/téléfilms/docus des années 80/90.
J'ai vu récemment, même si ce n'est pas le sujet, le doc sur Klaus Nomi, une des premières victimes connues, je te le recommande.

J'aurais largement préféré que le film se concentre sur l'aspect documentariste réunions/interventions/enjeux politiques et sociétaux. Toutes ces scènes sont d'un dynamisme bluffant et très réalistes de mon point de vue de militant associatif.
Mais à partir du moment où Campillo décide de se concentrer sur un couple, il me perd un peu, voire beaucoup. Ils ne m'intéressent pas plus, pas moins que tous les autres qu'on ne voit plus guère évoluer et qui restent au stade d'ébauche, ce qui me frustre. Je suppose que le principe est de montrer l'aspect public de la lutte et celui intimiste de la souffrance, mais ce second aspect a déjà été plus que traité et, pour moi, tenter de relever la gageure de montrer ces deux angles dans un seul film, c'est périlleux et donc décevant.
De plus, c'est très mécanique narrativement et répétititif dans la mise en scène: ralenti/flou/musique, Eros/Thanatos appuyé.
leprodiss 28/08/2017 13:42:02
Oui enfin, reprocher son mécanisme au film et vouloir qu'il ne se concentre que sur les réunions et débats, est-ce que c'est pas contradictoire ? Je les trouve superbes ces séquences d'échange, mais au bout d'un moment ça commençait à me lasser...

"mais ce second aspect a déjà été plus que traité"

Oui bah si on devait plus faire de films d'amour après L'Aurore...un(e) cinéaste a le droit de proposer son point de vue sur un sujet, non ?

"tu trouves sobre la dernière heure où les personnages passent leur temps à chialer - ce qui est pas illogique non plus il est vrai - ?"

Oui, ils chialent normalement :hap: Enfin je trouve que Campillo est dans la mesure, et d'ailleurs ça amène un contraste intéressant après un film "flamboyant" et "plein de vie", un aspect presque dépouillé qui n'a rien de tire-larmes.

"Et puis honnêtement le manque de traitement efficace contre le sida et la lutte d'Act Up sont certes liés mais traiter l'un des sujets ne veut pas nécessairement dire que l'on traite l'autre. Ici en effet Sean est -très vaguement je pense- le reflet du manque de traitement, mais on ne peut pas dire que son cas permet de traiter le sujet de la lutte d'Act Up."

Le manque d'engagement des pouvoirs publics est quand même une cause de son état de santé. Bon c'était beaucoup plus dur il y a trente ans à cause du caractère nouveau de la maladie et du manque de connaissance du côté des soins, mais ça reste lié quelque part.Message édité
Siry 28/08/2017 22:12:43
Pas vu le docu sur Klaus Nomi, merci de la reco !

Après l'intérêt de faire ça en 2017 est pour les plus jeunes qui n'auraient pas vu la production sur le sujet dans les 80/90.

T'es militant où par curiosité ?
kaelin 29/08/2017 10:52:06
Lepro, je parlais des couples décimés par le sida: il y a eu énormément de fictions/docus sur le sujet dans les années 90. Je pense plus récemment aussi à la bd Pilules bleues. L'histoire de Sean et Nathan aurait pu constituer un métrage à elle seule. Là, je trouve que le film "trop embrasse, mal étreint" par ce choix de cumuler action publique/intimité d'un couple.
Siry, bien sûr, je comprends. Mais du coup, je ne suis pas sûr, si j'en parle avec mes élèves, qu'ils soient à même de m'en dire beaucoup sur Act up, vu le manque de contextualisation de leurs actions et d'explication des enjeux (par exemple, ils ne savent rien du scandale du sang contaminé et le débat houleux peut les laisser à quai).
J'ai été membre d'assos de jeunes gays et membre initial du centre gay et lesbien à Lyon, puis au Refuge à Paris.Message édité
Zoomat 29/08/2017 20:43:08
Ca peut être très beau comme ca peut être franchement apathique. Je comprends que ça fasse partie du message mais bon je trouve que ca fait pas mal souffrir le rythme d'un film déjà un peu long pour rien (36 scenes de débat qui se ressemble toutes, pareil pour les scenes en boite...).Message édité
Siry 30/08/2017 02:24:44
C'est vrai qu'il y a beaucoup d'éléments pas contextualisés, et je me demande toujours pour ce genre de film s'il peut tout expliquer, ou si ça devrait durer minimum 15 heures.

Je ne sais pas si c'est un inconvénient ou un avantage, sachant que ceux qui découvrent le sujet et sont intéressés chercheront par eux-même.Message édité
kaelin 30/08/2017 08:03:47
J'aimerais tant que ce soit le cas, Siry. Mais mon expérience de pédagogue me pousse au scepticisme.
L'amie, pourtant de mon âge, qui l'a vu avec moi, m'a demandé au générique: "c'était à quelle période?". C'est dire combien des plus jeunes risquent d'être perdus. Comment des (post) ados pourraient-ils comprendre 'Mitterrand assassin", le débat sur Fabius/Dufoix, la différence avec Aides, etc.? Je ne pense pas que ça nécessitait tant de temps que ça pour fournir quelques repères tout au long du film (surtout quand on constate la répétition des mêmes scènes, comme celles de boites).
En étant dur, je pourrais même dire que c'est un film qui sent un peu l'entre-soi communautaire, entre gens qui "savent" et il est essentiellement question des gays, les toxicos et les hémophiles (le duo mère/fils trop peu présent à mon goût) n'apparaissant qu'en filigrane.
Clairement, le choix a été pris du bouillonnement et du pathos bien plus que du pédagogique et de la compréhension du traitement de l'épidémie et de l'émergence associative.
Siry 30/08/2017 17:29:50
Oui, c'est vrai qu'il n'y avait pas grand chose à expliquer non plus. Après, je trouve ça mieux un film comme ça que rien, et même si pas intéressé, si les gens le voient je trouve ça chouette, qu'ils soient passifs ou actifs en cherchant ou non des infos par la suite (vous savez remarqué ? j'ai dit passif et actif sur la fiche d'un film qui parle d'amour entre homosexuels mdr)
ineusleau 10/09/2017 21:01:54
Vraiment beaucoup aimé. Après la partie dégradation de la maladie, c'était finalement trop "automatique" pour me laisser embarquer dedans, mais ça revient à la charge à la fin du film, ça se rattrape.

Sinon c'est vrai que Robin Campillo fait des films qui se sentent beaucoup sur le coté méthodique de la narration et la mise en scène. Mais c'est poignant et j'oublie alors que c'est un film de 2017, bien après les événements et les films là dessus. Je comprends après que des gens plus renseignés comme kaelin pardonne difficilement le film là dessus
Tchitchoball 13/09/2017 21:11:04
Et bien pour ma part, je fais partie de cette génération ne se souvenant que très peu voire pas du tout de Act Up. En ce sens, je trouve le film important puisque assez inédit de traiter cette facette de la maladie. J'entends le côté militantisme dans les années 90. Et je suis assez d'accord avec les avis ci-dessus un peu mitigés ou déçus. L'effervescence des cannois a une fois de plus décuplée mes attentes et me laisse un goût amer.
Le film est clairement bon et m'a passionné durant près de deux heures pour finalement me faire un peu décroché dans le final. Ouai, j'ai un peu honte de l'écrire mais je n'ai pas été bouleversé comme je l'espérais. J'ai aussi l'impression que Campillo s'éternise un peu trop avec le couple et tout devient froid. La prévisibilité de l'ensemble du film n'aide pas également.
De simples images telles qu'un hémophile en sang sur une vitre et un séropo qui tombe soudainement de sa chaise m'auront davantage heurté je pense.

Petite joke mais la seule "star" à savoir Adèle Haenel, se fait remettre en place aux réunion dès les premières minutes. Et curieusement, Campillo semble avoir choisi d'effacer complètement ce personnage durant le reste du film. Est-ce volontaire ?
Je pense que Campillo aime de toute manière filmer et étudier les corps et tourments masculins.