120 battements par minute

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Commentaires
Dimitri 01/08/2017 09:30:13
Moriarty a écrit :C'est presque comme les gens qui suggèrent Le Jour d'Après d'Hong Sang-soo alors que le film est au cinéma


J'ai pas eu l'ombre du HSS dans mon ciné. Niveau comm' et distribution, zéro.
Siry 02/08/2017 15:02:51
Alors oui c'est pas facile de calculer quand la suggestion apparaîtra. Et puis vaut mieux qu'elle soit là avant la sortie qu'après son passage en salles, et puis 120 BPM a à mort d'AVP partout depuis un bon moment !
leprodiss 23/08/2017 21:05:24
Ce n'est pas le grand film que j'attendais (le battage médiatique cannois fait peut-être des dégâts collatéraux), mais j'ai quand même beaucoup aimé. Déjà, au niveau du jeu et des dialogues, c'est impressionnant. J'avais le sentiment de me retrouver en AG à la fac (avec des sujets différents :hap: ) et parfois devant les joutes verbales, les batailles d'arguments et de contre-arguments j'avais ce réflexe de vouloir prendre la parole. C'est dire à quel point le film est immersif. Et ce qui est fort, c'est que Campillo navigue entre l'individu et le collectif avec une aisance déconcertante, avec même dans les nombreuses scènes de groupe une capacité à adopter le point de vue de tel ou tel personnage, à nous faire ressentir son bouillonnement intérieur, ses tourments ou ses doutes.

Là où je suis un peu sur la réserve, c'est dans le cycle interne du film (en gros une AG-une intervention-vie privée, une AG-une intervention-vie privée, et ainsi de suite), qui me donne l'impression que le film s'essouffle vers son milieu, que les vingt premières minutes suffisent à exposer les enjeux et la gravité de la situation. Bien sûr, cette structure narrative dit quelque chose du contexte et la difficulté qu'a Act Up à se faire entendre mais comme je ne suis pas touché par toutes les (nombreuses) idées de mise en scène, j'ai cette impression d'être aussi un peu distant, de ressentir une froideur quelque part, et donc de me désintéresser du film.

Sauf qu évidemment il y a cette dernière partie que la BA dévoile malheureusement, qui est tellement poignante, et surtout sobre et ne tombant jamais dans le mélo. C'est comme la fin d'une époque, qui synthétise idéalement ce que le film contient ailleurs : un mélange de gravité et de légèreté, il y a la mort mais par-delà, cette idée de continuer à vivre. La veillée funèbre n'est absolument pas glauque ou plombante, il y a même plusieurs personnages qui se permettent des traits d'humour. Puis plus tard de faire l'amour. C'est une belle définition de la vie ça, rire et faire l'amour

Il faudra que je le revoie avant son sacre aux Césars.Message édité
hotgavial 27/08/2017 17:29:04
Pour ma part, je suis franchement déçu. J'avais beaucoup aimé "Eastern Boys" et les premiers retours sur le film étant très bons, j'avais un bon pressentiment.
Finalement j'ai trouvé le film beaucoup trop long et j'ai eu cette sensation désagréable que l'on essayait à tout prix de me faire pleurer. J'ai trouvé que les acteurs en faisaient souvent trop et que certains monologues étaient trop écrits.
Mais surtout j'ai trouvé que Campillo changeait de film en cours de route, délaissant Act Up pour se concentrer sur l'histoire d'amour. Malheureusement je pense que c'était la première partie qui était la plus intéressante. De même j'ai été particulièrement agacé qu'il laisse la voix off décrire une scène qui aurait été particulièrement intéressante à filmer.

Bref c'est une vraie déception pour moi malgré la qualité de la mise-en-scène et un sujet de base passionnant
leprodiss 27/08/2017 21:22:09
Je trouve pas que le film soit dans la recherche de l'émotion, au contraire ça reste assez sobre (enfin, t'as des exemples de scènes précises ?).

Et pas tellement d'accord sur le virage que prend le film. Il y a quand même Act Up qui reste au premier plan, et même si Campillo resserre son film sur le couple, tout ce qui est montré en particulier la dégradation de l'état de Sean, est une conséquence du combat du groupe (en l'occurrence, le mur auquel se heurte Act Up, les desillusions, la maladie, ont un effet négatif sur Sean, donc sur le couple. Montrer l'individu permet aussi d'analyser le collectif. Pour le coup je trouve que ça donne un nouvel élan au film)Message édité
hotgavial 28/08/2017 00:21:24
tu trouves sobre la dernière heure où les personnages passent leur temps à chialer - ce qui est pas illogique non plus il est vrai - ?

Et puis honnêtement le manque de traitement efficace contre le sida et la lutte d'Act Up sont certes liés mais traiter l'un des sujets ne veut pas nécessairement dire que l'on traite l'autre. Ici en effet Sean est -très vaguement je pense- le reflet du manque de traitement, mais on ne peut pas dire que son cas permet de traiter le sujet de la lutte d'Act Up.

A mon avis les scènes les plus pertinentes sont les réunions et quelque part je trouve les personnages seulement esquissés lors de ces scènes bien plus intéressants - la mère et son fils séropo par exemple.
Siry 28/08/2017 04:47:43
C'est plus que le manque de traitement et la lutte d'Act Up qui sont liés. Act Up est un groupe fondé par des séropositifs et constitués de malades en colère. Bien sûr qu'il n'y a pas besoin d'être séropo pour y faire partie, mais même les séronégatifs sont considérés comme malades par les autres comme il est dit au début du film. C'est là où Act Up se définit. Ce n'est pas une association qui s'occupe de malades, c'est une association de malades (dans plusieurs sens du terme)
Pour moi cette seconde partie est très importante les morts de militants faisant partie du quotidien d'Act Up, et on voit bien que ce qui intéresse Campillo est cette histoire d'individus au cœur du collectif. Sinon autant faire un film sur Aides.

L'histoire d'Act Up est assez passionnante et je vous conseille de lire dessus. C'est une fiction bien sûr mais très proche des faits réels, Nathan étant un simili-Robin Campillo, Thibault un simili-Didier Lestrade, Sean un simili-Cleews Vellay, Hélène une simili-Joëlle Bouchet.

2 détails sur la fin où ce fut encore pire dans la réalité : Cleews Vellay a reçu son AAH plusieurs semaine après son décès (trop bien), et lors du zap où ses cendres furent jetés sur les assureurs et les petits fours, plusieurs ont quand même continué d'en manger tranquillement sachant qu'il y avait les cendres. Pas le souvenir de l'avoir vu dans le film si ça y est.
hotgavial 28/08/2017 05:08:54
Lorsque dans le début du film on annonce la mort d'un personnage par une brochure alors que l'on ne l'a jamais vu, c'est une scène glacante, terrifiante par sa banalité même. Ca m'a beaucoup plus marqué que la mort du personnage principal
"Vie et mort d'un séropositif" c'est un thème que j'ai déjà vu traité au cinéma. Ici je trouve cette partie très poussive. Absolument toute les scènes ont déjà été faites dans d'autres films sur la maladie - pas nécessairement celle-ci. En revanche les réunions d'un collectif de malades qui lutte pour se faire entendre, c'est totalement nouveau et passionnant. Ce qui me gène ce n'est pas tant que l'on s'intéresse aux personnages, mais c'est la façon de le faire - notamment aux dépens des scènes d'Act Up.
Les émotions des personnages lors des séances nous en disent suffisamment sur eux, sans qu'on ai besoin de "quitter la salle" pour rentrer dans leur quotidien. L’absence d'un personnage trop faible pour assister aux réunions est tout aussi significative et puissante que de montrer son agonie dans une chambre d’hôpital avec ses amis qui pleurent à côté.

C'est en tout cas comme ça que je le ressens.
Siry 28/08/2017 05:17:40
Pour moi l'intérêt réside, en plus des absences et annonces de décès, dans le fait de voir la dégradation frontale d'un séropo. On passe d'un Sean enragé lors des zaps à un Sean qui ne peut plus se tenir debout, puis mort.

Et étant du point de vue de Nathan, on voit les différents rapports aux décès, celui d'un mec qu'on ne connait même pas, celui d'un mec qu'on a peu connu, et celui d'un amant dont on s'est occupé.

J'avais déjà vu des images qui montraient des aspects durs de la maladie, mais ça ne restait que des instants. Là j'ai trouvé ça super intéressant de voir toute la dégradation, c'est la première fois que je le vois. Si tu as d'autres exemples de films sur la vie et mort d'un séropo, je veux bien les titres !
Siry 28/08/2017 05:25:46
Après, c'est vrai que je serais curieux de voir le sujet traité vraiment façon Entre les murs qu'avec les réunions. Mais bon, j'aime beaucoup le film comme ça, et il y a finalement peu de personnages que l'on voit hors les RH.