Mektoub My Love : Canto Uno

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Commentaires
leprodiss 05/08/2018 22:16:29
Quels personnages féminins ? :hap:

Non mais c'est un reproche personnel et "contextualisé" (il doit y avoir plein de films que je défends qui sont dans la même approche), je trouve ça dommage de n'avoir qu'un point de vue et d'innombrables plans sur des corps féminins, notamment sur les parties les " plus sexuelles". Alors d'accord c'est un film sur le désir, ce que font aussi les réalisateurs de porno quelque part (même si Kechiche sait filmer lui, je ne le rabaisse pas aux filmeurs mécaniques du X), mais à partir du moment où cette mise en scène des corps, du désir, de la sensualité, ne m'atteint pas, j'ai du mal à ne pas trouver ça pénible sur trois heures. J'étais enthousiaste en entrant dans la salle, un film de vacances (qui est un "genre" que j'adore), où les gens parlent, dansent, ne font rien de spécial, ça m'intéressait tellement...mais la manière qu'a Kechiche de filmer les corps ne m'intéresse pas du tout et c'était déjà le cas - dans une approche un peu plus froide - avec Adèle. C'est une question de sensibilité, et sans être prude loin de là, je trouve qu'il y a de la gloutonnerie dans sa manière d'aborder les corps, quelque chose qui comme l'a dit Kaelin se rapproche de la pornographie.
Mordechaye 05/08/2018 22:41:20
Oui alors vu comme ça, ça se défend. Je crois qu'il y a effectivement gloutonnerie, le paroxysme étant la scène de boîte qui est interminable (et formidable) mais justement, tu remarqueras que c'est à ce moment-là qu'Amin décroche lui aussi.


Ceci dit si le rapport au corps te dérangeait déjà dans le précédent c'est très logique de rejeter en bloc celui-ci. C'est probablement le travail le plus extrême de Kechiche mais personnellement je n'ai jamais autant eu l'impression d'agonir de chair et de soleil qu'en sortant de la salle (et il me semble que c'est l'effet recherché).
leprodiss 05/08/2018 22:46:13
Il y a juste la toute fin, avec la musique qui commence, qui m'a plu (c'est pas beaucoup :hap: ). J'ai de très vagues souvenirs de la scène de boîte (pourtant j'adore les scènes de boîte), mais oui je te crois pour Amin :hap:

Mais j'irai pas voir le 2, par contre faut que je redonne sa chance à L'Esquive et que je revoie La Graine et le Mulet !
kaelin 05/08/2018 22:56:05
Kechiche n'était pas obligé de nous imposer autant de plans. On sait qu'il a beaucoup de rushes en réserve pour se palucher.
Ça me gênerait beaucoup moins si c'était moins genré et nombre de ces visions n'ont rien à voir avec Amin: un exemple typique, ils discutent allongés face à face sur la plage, plans poitrine pour lui, plans culs pour elle, on est à la place d'"un crabe?? Dans cette boite de nuit, il n'y a que des nanas??

Cela me donne vraiment l'impression que, se sachant protégé par une partie de la presse, il peut tout se permettre, sans se soucier aucunement de la durée ou d'écrire un tant soit peu des dialogues (c'est vraiment de la téléréalité pour le coup, autre "genre" marqué par l'imagerie pornographique d'ailleurs: que des discussions plates, avec un vocabulaire limité, ne portant que sur le physique et les rapports de séduction).

Malheureusement, le public a tranché. Il faut dire qu'il dispose déjà de nombreux tubes pour ce type de produit.Message édité
Mordechaye 05/08/2018 23:07:50
De mémoire il y a deux séquences où Kechiche trahit réellement le point de vue de son héros. C'est d'abord la séquence de sexe inaugural qui est nécessaire à l'intrigue dans la mesure où tout le filmage des corps féminins ensuite découle de ce choc premier. Le second c'est au moment où Amin raccompagne Ophelie et qu'elle se change alors que lui est en bas et ne la voit pas, et pourtant elle est à nouveau cadrée assez bas. Je crois pour cette dernière scène qu'il s'agit cette fois du point de bascule entre l'interiorisation du point de vue d'Amin et ce que voit réellement le spectateur.

Je pense qu'en définitive le film est beaucoup plus réflexif que ce que l'on pourrait penser sur son mode de filmage, et qu'effectivement cela contribue à interroger notre rapport aux images (et aussi au rejet compréhensible du projet).
Mordechaye 05/08/2018 23:10:53
Et juste pour revenir sur ta première phrase, c'est dans l'ADN même d'un film de Kechiche que d'agonir le spectateur par la durée du film et par la durée des séquences. Si le sujet diffère (et encore), le traitement de l'image est similaire à ses autres films.
kaelin 05/08/2018 23:18:15
Je vais cesser de jouer les féministes de service, mais vraiment, je suis volontairement excessif, je pense qu'il y a surtout du voyeurisme sans propos méta aucun. Je mets au défi quiconque de me dénicher un dialogue en ce sens.

J'attends le film d'une (ou un) cinéaste avec des plans masculins de fesses, d'entrejambes bien moulées, de torses bien sculptés pendant 3 heures, tandis que les filles seront en arrière-plan flouté. Là, ça nous changerait de ces sempiternels points de vue d'entre-couilles hétérotes avec leurs trips de lesbianisme soft et de gars au physique approximatif séduisant des donzelles plus jeunes et plus mignonnes.

Dans ma première phrase, je parlais de plans de fesses.Message édité
Mordechaye 05/08/2018 23:25:51
J'attends aussi ce film, ce serait d'ailleurs intéressant de voir si une femme traiterait du sujet sur le même mode que ne le fait Kechiche ou si cela serait tout différent.

Dans tous les cas ça me semble être un faux procès fait au film, il n'est pas coupable de l'absence de réalisatrice et de point de vue féminin sur le désir au cinéma.
leprodiss 05/08/2018 23:37:03
J'attends surtout le film où on arrête de coucher entre gens beaux et bien faits (j'en ai marre de m'identifier).

Sexe pour tout le monde !!
kaelin 05/08/2018 23:40:52
Il n'est coupable de rien, mais il ne fait que reproduire des codes 1000 fois vus. Il n'a donc pour moi aucun intérêt.

Heureusement, il y a des cinéastes mettant en scène le désir du masculin, mais on est encore loin, pour reprendre les stéréotypes du Kechiche, d'avoir autant d'Harold et Maud (quelle merveille, ce film) que d'histoires entre quinqua ventru et mignonne prépubère. Des bisous et frottements langoureux entre filles, oui, mais pas d'évocation d'homosexualité masculine. Un bel acteur est bien présent, mais il n'est jamais érotisé (il ne prend jamais de douche, lui, et n'a pas de fessier semble-t-il) et sert de prétexte aux plongées popotineuses.

Enfin bref, toutes les normes visuelles et thématiques du film pour émoustiller les mâles sont bien là.Message édité