Huit et demi IMDb

Otto e Mezzo
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Commentaires
Zering 31/08/2013 12:16:45
@FandeDQ Oui, je sais, mais comme j'ai encore des grosses difficultés avec ce cinéma italien, je laisse beaucoup de temps entre les films!
Garbage 31/08/2013 12:45:49
Ah ok très bien, enfin ça va avec Fellini t'as pas trop de difficultés. :noel:
Alphataurus 06/11/2013 18:13:25
Autant j'avais vraiment beaucoup aimé "Amarcord" (je lui ai attribué la note de 8), autant "Otto e Mezzo" me laisse un profond goût amer. Ou bien je ne suis pas encore assez éveillé cinématographiquement parlant avec ce type de cinéma plus élitiste, ou bien la profonde dépression de Guide qui passe par une sorte de "cirque de la vie" ne m'atteint carrément pas.

Seul la première scène, celle où Guido étouffe dans sa voiture, m'a particulièrement touchée. Le reste, bien qu?onirique à souhait, profondément travaillé et ancré dans une détresse bien tangible, m'a paru trop fade pour mon moi personnel ( :hap: ). Je réessaierai peut-être une fois. Certainement après avoir essayé d'autres films de Fellini.
Zering 06/11/2013 18:26:20
"ce type de cinéma plus élitiste"

Euh, y a pas plus humble que le cinéma de Fellini. En témoigne Amarcord.
stevenn33 06/11/2013 20:33:21
Le cinéma de Godard est aussi à mon avis pas élitiste. :hap:
Garbage 06/11/2013 20:35:27
En même temps les chefs d'oeuvre ont, dans le principe du moins, une certaine dose d'élitisme... (oui, ce qui revient aussi à dire que Godard a réalisé pas mal de chefs d'oeuvre)
Zering 06/11/2013 21:27:18
N'importe quoi.
Garbage 11/11/2013 17:49:36
C'est peut-être un peu long, mais pour ceux qui ont vu le film ça vous évoquera sûrement quelque chose.

Fellini à propos de Huit et demi :

"Et moi, en revanche, je ne voulais plus le faire. A la veille même du tournage, j'écrivais au vieux Rizzoli, le producteur, une lettre troublée, désespérée, qui débutait par ces mots : "Cher Angelino, je me rends bien compte que ce que je vais te dire rompra d'une manière irréparable nos relations de travail. Notre amitié aussi risque d'en être compromise. C'est il y a trois mois que j'aurais dû t'écrire cette lettre, mais, jusqu'à hier soir, j'espérais que...".

Le personnel et nombre d'interprètes étaient déjà engagés, les décors allaient être prêts, du petit bureau où j'écrivais ma lettre j'entendais en effet les coups de marteau des charpentiers. Pourquoi voulais-je donc me retirer, fiche tout en l'air, m'enfuit ? Que s'était-il produit ? Tout bonnement ceci : je ne me rappelais plus du tout ce qu'était le film que je voulais faire.

(...)

J'en étais au milieu de ma lettre quand je m'entends héler par la voix de Menicuccio, le chef machiniste: il m'appelait de la cour du studio pour me demander de descendre un moment, Gasparino (un autre machiniste) fêtait son anniversaire, il offrait un verre de mousseux, il aimerait bien que le "docteur" soit aussi présent.
Et me voilà au studio. Les charpentiers, machinistes, peintres étaient en train de m'attendre, tous verre en main, et tout autour d'eux s'élevait la grande cuisine en construction, qui reproduisait la maison de campagne de ma grand-mère, un tantinet dilatée par le souvenir. Gasparino, sa casquette de maçon sur la tête et son marteau pendouillant sur sa cuisse, débouche la bouteille : "Ce sera un grand film, dotore, à votre santé ! Vive Huit et demi !" Il remplit les verres, tout le monde applaudit, et moi, je ressens bien la honte de mon naufrage, le dernier des hommes, le commandant qui abandonne son équipage. Je ne remonte pas dans mon bureau, où m'attend la lettre à achever, je m'assieds vide et sans mémoire sur un banc de jardin, au milieu des allées et venues pressées des ouvriers, techniciens, des comédiens appartenant à d'autres troupes. Je me dis que je me trouve dans une situation sans issue : je suis un metteur en scène qui voulait faire un film dont il ne se souvient plus. Et voilà, c'est juste le moment où tout se résout : j'entre du coup au coeur de mon film, je raconterai tout ce qui était en train de m'arriver, je ferai mon film avec l'histoire d'un réalisateur de films qui ne sait plus ce qu'était le film qu'il voulait faire."


Qu'est-ce que c'est magnifique putain. :snif: :snif2: Fellini quoi, ce mec... :snif2: :snif2:
Zering 19/11/2013 19:51:16
Sublime.
Jamais un film de Fellini ne m'avait autant absorbé pour l'instant, peut-être parce que des trois que j'ai vu, Huit et demi est le plus accessible... Il faudra que je revoie Amarcord et La Dolce Vita pour encore plus les adorer!
La mise en scène est tout simplement somptueuse. Ce noir et blanc extrêmement contrasté est vraiment de toute beauté, et Fellini à une grande maîtrise du montage et du découpage. Les plans sublimes et les mouvements de caméra majestueux s'enchainent sans fautes de goût, et Fellini à vraiment un don pour mettre en valeur les femmes qu'il filme. Mastroianni crève l'écran.
Et au-delà de ça, c'est un film complètement hystérique, qui part dans tous les sens, autant visuellement que scénaristiquement et intellectuellement. Il y a des scènes qui sont tout à fait représentatives dans ce Huit et demi du chaos que j'admire chez ceux qui savent le représenter. J'ai également adoré la manière que Fellini à de mélanger ainsi le réél et l'irrééel, ça creuse encore plus cet aspect chaotique, et comme Amarcord, à bien des égards, ça m'a fait penser au Miroir de Tarkovski. Et la fin est renversante.
Zering 19/11/2013 19:54:12
J'ai bien envie de faire une galerie (si mon ordi prend le DVD de mon lycée, des fois il merde), celle-ci me parait assez peu représentative de la beauté esthétique du film.