Carol

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Commentaires
Parkko 05/04/2015 23:58:21
J'ai envie de le voir :coeur:
leprodiss 18/01/2016 18:33:13
Je me demande si le Festival de Cannes ne ressemble pas de plus en plus aux Oscars, avec ces récompenses pour des films formatés. Parce que quand je vois que Mia Madre et Carol ne reçoivent quasiment rien (il y a bien le Prix d'interprétation pour Mara, certes, mais ça mérite au moins un Grand Prix ou la Palme. Oui, avis totalement subjectif), je trouve ça inquiétant. Dans la mesure, aussi, où on récompense The Lobster ou Dheepan, un film raté et un film mineur. Là où je suis un peu embêté pour le Lanthimos, c'est que j'ai cette impression qu'il faut récompenser un semblant d'originalité, et que Carol passe à la trappe parce qu'il serait un film classique (comme si c'était un gros mot).

Mais putain j'ai rarement vu dans un film deux actrices se regarder comme ça. Ou deux personnages je ne sais plus trop. On pourrait faire ce procès à Todd Haynes d'avoir fait un film froid, désincarné, lisse. On pourrait penser à La Vie d'Adèle et faire la comparaison entre les deux films, et certains l'ont fait. Mais personnellement, ce parallèle m'ennuie parce que bon, comparer deux films sous prétexte qu'ils traitent d'une histoire d'amour saphique ? Sérieusement ? " Ouais, les deux films étaient à Cannes et y a deux lesbiennes qui baisent ". Est-ce qu'on compare Titanic et L'Aurore, parce qu'il y a un couple hétérosexuel qui s'aime ? Bref, au-delà de cette comparaison hâtive, hétéro-centrée, je ne vois pas pourquoi l'apparente froideur du film serait un problème. Quand Wong Kar-Waï fait ça dans In The Mood For Love, ça fonctionne, et ça ne pose aucun souci. Il y a entre les deux films cette même élégance, ce raffinement de mise en scène, cet amour pour une certaine beauté plastique, et les deux films sont comme des valses entre des individus qui se tournent autour.

Et surtout, Carol est un film sur le regard, sur comment on regarde l'objet du désir. Il faut voir la première scène de rencontre, où Rooney Mara aperçoit au loin Cate Blanchett et où elle est happée par cette femme qui va dès lors occuper tout son espace mental. Haynes filme la naissance de l'amour comme ce qu'elle est, un basculement vers un champ infini du désir, et si la sensualité est quasiment absente du film c'est parce que tout est intériorisé. Tout passe par le regard, comme si Rooney Mara absorbait tout son désir par ses yeux (l'expression anglaise " Love at first sight " prend tout son sens ici). Et quand les deux personnages se regardent, pour moi c'est beaucoup plus intense, érotique, que n'importe quelle scène de sexe filmée " pour de vrai ". Parce qu'on sent leur désir, que la passion est là. Et tout ça est filmé avec une telle pudeur, une telle élégance.

Mais c'est pas grave, ignorons la modestie flamboyante de Nanni Moretti et de Todd Haynes, et récompensons l'esbroufe, la lourdeur. L'effet plutôt que l'émotion pure.
DoctorZoidberg 18/01/2016 23:21:50
Beau
Lt-Schaffer 19/01/2016 22:29:08
Moui, c'est un peu facile d'invoquer tout de suite les productions formatés, le film mineur ou le film raté pour parler des récompensés à Cannes, comme si c'était un fait accompli... Pourquoi serait-ce plus formaté que Carol ? Mystère et boule de gomme.

Mais j'ai néanmoins envie de le revoir parce que je pense avoir été sévère. Je me suis fait chier, mais j'étais fatigué. C'est pas mal déjà. :hap:
leprodiss 20/01/2016 13:12:34
Attends Schaffer, tu plaisantes j'espère ?

Lt-Schaffer 27/05/2015 17:46:14

Justement, je pense qu'un certain nombre de cinéphiles et de festivaliers seraient plus satisfaits avec moi en sélectionneur. Ne serait-ce que pour épargner à tout le monde le Donzelli, le Maiween et dans une moindre mesure, ce mauvais Brizé.

Enfin sérieux, le cinéma français en compétition officielle quoi. Heureusement qu'Audiard était là.

(sur la fiche de La Loi du Marché)

C'est un peu facile de reprocher un manque d'objectivité et une absence de profondeur, quand tu utilises les mêmes procédés :hap:
Surtout que je précise que c'est un ressenti totalement subjectif, et que je me pose la question. Je ne dis pas que c'est un fait accompli, chercher la petite bête tout le temps, ça commence à être un peu relou.

Bien sûr, à Cannes on trouve aussi des films qui sortent du lot, pas au niveau qualitatif (encore que, qui suis-je pour juger ?), mais des films comme Marguerite et Julien par exemple. Mais j'ai aussi l'impression qu'il y a des films qui se voudraient originaux, nouveaux, comme The Lobster, et qui ne font que s'enfoncer dans une représentation stéréotypée, et qui appliquent des recettes dont ils pensent se défaire sous prétexte que leur idée de départ est brillante. Je crois que c'est les Cahiers qui en parlent souvent après Cannes, et je rejoins leur avis (faudra que je retrouve les idées précises).

Après, je comprends que si je dis que L'Ombre des Femmes aurait - selon moi - mérité de prendre la place de The Lobster, on pourra rétorquer que Garrel fait un film d'auteur typiquement français avec son deux pièces et ses acteurs qui marmonnent dans leur barbe. Et que c'est une sorte d'académisme. Je ne cherche pas à avoir raison, j'expose juste une idée, une opinion, qui correspondent à ma vision des choses à tel ou tel moment.
Parkko 20/01/2016 14:36:04
Dans mes souvenirs, Les Cahiers avaient en effet dressé un portrait de ces "films-festivals" qui étaient une sorte de globiboulga façonné pour des festivals prestigieux, Cannes en tête, avec souvent un casting international (Youth ; The Lobster...).
Waho 21/01/2016 16:42:32
Oui, l'article était d'ailleurs assez violent. Il remettait en cause la fausse originalité de le plupart des films sélectionnés.
MrBlondin 24/01/2016 23:59:11
L'OST de Carter Burwell est vraiment sublime.
Le film un peu moins.
Je crois que Blanchett m'énerve un peu, je ne la trouve pas particulièrement attirante et son jeu m'énerve un peu. C'est vraiment Rooney Mara qui tire son épingle du jeu. Du coup l'alchimie entre les deux actrices ne fonctionne qu'à moitié je trouve, il manque un brin d'électricité, de tension sûrement. Le film est dans une constante torpeur. Sur le fond ça pèche par manque de substance j'ai l'impression, y'a vraiment rien de très solide dans l'arrière-plan notamment.
Ça reste très agréable, et quelques scènes m'ont vraiment exalté, comme la scène de sexe ou la fin.
Lt-Schaffer 26/01/2016 02:34:16
lepro :d) Bon, j'ai dit ça sous le coup de la passion, sûrement exaspéré à cause du Donzelli. :hap:

Mais que The Lobster corresponde davantage à un formatage "à la mode" de festival, franchement, je ne sais pas... Parce que c'est un film avec un concept ? Pourtant le film n'en est pas tant esclave de ça, de son concept, enfin ça n'est pas son fond. Du coup ça reste quand même une vraie proposition de cinéma. Mille fois plus que n'en contiendra jamais Marguerite et Julien qui n'est que du néant.

Dans tous les cas je serai quand même un minimum sensible à un film qui propose quelque chose. Si le film ne propose rien, oui, forcément, je vais m'insurger contre sa médiatisation en festival. Alors certes, j'ai pas vu le Maiween, parce que le coup du film de rien du tout à 10 millions d'euros ça m'a déprimé, mais c'est vraiment le Donzelli qui m'avait ulcéré. Pour le Brizé, j'ai néanmoins dit que c'était dans une moindre mesure.

The Lobster, Dheepan, ça propose quelque chose. C'est une proposition d'auteur qui vaille la peine qu'un festival la retienne.

Et tu sais, pour Carol (que j'ai quasiment envie de reconsidérer, donc), aussi loin que je me souvienne, il a été chaleureusement accueilli. Il a d'ailleurs sûrement moins divisé que le Audiard (en plus, pour certains, aimer le Audiard c'est voter FN, alors bon...). Donc tu vois, préférer l'esbroufe à la modestie, bof... Certes, Audiard a eu la Palme, mais cela implique-t-il forcément que l'autre ait été boudé, ait été oublié ? Là tu fais un raccourci je trouve.

La théorie des Cahiers, bof aussi. C'est de la posture (de faquin). Je ne porte plus vraiment d'intérêt à ces gens.