Les Misérables IMDb

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Commentaires
Siry 18/06/2019 14:33:27
Co-scénarisé par le réalisateur de Samouraïs et même pas Saïd Serrari au casting :-(
Mordechaye 23/11/2019 19:38:47
Melaine m'en avait un peu parlé avant que j'aille voir le film mais je trouve que la fin est d'une lâcheté absolue. Ça contribue à faire du film un truc un peu trop sensationnaliste à mon goût, trahissant peut-être le projet d'origine. Et c'est dommage parce que le film est d'une efficacité remarquable dans sa description des rapports de force dans la cité. Cet équilibre précaire est le fait de communautés qui maintiennent une sorte de status quo que le réalisateur s'attache à décrire à la manière d'un quasi documentariste (c'est d'ailleurs plus ou moins ce qu'il était avant d'investir la fiction). Mais l'intérêt du film est qu'il se construit entre chronique sociale et thriller urbain, ramenant le sujet dans un territoire fictionnel dont Ladj Ly essaie de dérouler toutes les strates. Cependant je crois que tout ça finit par se déliter un peu trop, culminant dans ce final abject qui me fait remettre en cause toute mon appréciation du film. Je suis donc pour l'instant un peu désarçonné.Message édité
Crutch 24/11/2019 01:40:34
J'avais fait un assez long commentaire qui est perdu à cause d'une fausse manip, je vais résumer:
1)Halte à la Melainisation des esprits
2) L'aplanissement en italique, je suis dubitatif sur la pertinence du concept
3) La manière dont tu distribue des bons et des mauvais points (sensationnalisme, lâcheté, abjection) sur une tentative de poser un regard (c'est l'enjeu de la séquence finale: le regard de l'enfant au drone + le regard des amis d'Issa juste avant le champ contre champ final) sur une situation insoluble me pose vraiment problème, d'autant que ton commentaire comme Critikat semble demander le beurre et l'argent du beurre: être à la fois complexe, nuancé, réflexif MAIS aussi un regard qui ne se délite pas et donc règle tout ces problèmes nuancés et complexes et en évitant en plus que toutes ces nuances soient artificielles (et qui décide de ce qui est artificiel?)
Ma lecture des séquences finales, c'est qu'on y entre dans une fiction séparée du status quo de la première partie (jusqu'au coucher du soleil) et qui en est la conséquence. C'est une mise en scène, mais dans cette mise en scène, Ly ne renvoie pas les deux camps dos à dos, mais pour autant se refuse à représenter l'irréparable. Tu appelez ça de la lâcheté abjecte mais n'importe quelle "solution" aurait sonné le glas de la complexité du discours. La fin du film le précipite dans une impasse ( littéralement d'ailleurs), c'est un choix, un commentaire sur la situation précédente qui n'est clairement pas sensationnaliste (tellement de manières d'avoir rendu ça plus sensationnaliste....). Alors évidemment, les purs réclament un regard net et précis (belle pirouette de Critikat pour évacuer Renoir d'un revers de la main, d'autant que le film n'est pas dans le "chacun a ses raisons", il se contente de monter des personnages qui ne sont pas juste une seule chose, pas juste le baqueux, le musulman, le gamin de cités) qui offrirait clef en main sinon un solution du moins une mise en scène confortable de cette solution. Là où effectivement je vois une limite, c'est par rapport à Victor Hugo qui lui mettait les mains dans le cambouis et qui balançait son point de vue sur l'Histoire comme sur ses personnages dans cette Histoire jusqu'au bout, alors que Ly choisit de stopper avant. Mais ici, Hugo sert de prise de hauteur d'une certaine manière, dans le sens où il devient la chose qui sort de l'impasse, un appel à la dimension absente du film qui est la politique, absente parce que les politiques on tout fait en sorte pour qu'elle soit absente dans les banlieues d'ailleurs, et que donc ce soit ce qu'on voit dans le film qui se mette en place. Si il y a une lâcheté, une abjection, elle est ici, et surement pas chez Ladj Ly. Je sais pas si c'est super compréhensible, mon premier message était mieux, là je suis allé un peu vite. Et au-delà de ça la scène finale, je la trouve vraiment impressionnante: c'est très rapide, exigu, les étages se ressemblent, et pourtant on a une compréhension quasi intuitive de l'espace, d’où arrive les différents dangers, je trouve ça très fort, mais bon, c’est sans doute ça l'horreur du sensationnalisme, on est aveuglé par de la bonne mise en scène d'action, on ne se rend pas compte que c'est abject, que ça aplanit le regard.Message édité
Mordechaye 24/11/2019 10:20:30
On pourrait discuter tranquillement mais tu te fiches un peu de ma gueule donc ça ne donne pas très envie :hap: .

Ce que je reproche au film c'est d'en faire des caisses sur la neutralité de son point de vue et de se cacher derrière. Parce que le film n'est pas exactement ambigu, tout est très lisible (le flic est raciste mais..., etc.) et c'est en cela qu'il se loupe pour moi (alors même que Ladj Ly est beaucoup plus partial dans certaines itw, lui est ambigu mais pas son film).

Quant au sensationnalisme, le mot est peut-être un peu fort mais c'est une impression diffuse que j'ai eu assez rapidement et qui n'a cessé de gagner en importance, sûrement parce que la mise en scène est impressionnante d'ailleurs. Forcément ça culmine à la fin qui fait vraiment chute de mauvais court-métrage. Dans Positif le réalisateur dit que c'était prévu tel quel depuis le début, pour moi ça reste une faute assez grossière, c'est trop facile.

Cependant pour ces effets de sensationnalisme je n'exclue pas le fait que ma réception soit brouillée par la nature hybride du film, qui est en fait sa vraie réussite.
jejeninjaki 24/11/2019 20:56:43
Gros coup de poing ce film !
Crutch 25/11/2019 01:20:01
Hum, effectivement sur la fin ça peut être interprété comme moi me moquant de toi, ce n’était pas mon objectif. Me moquer de l'article de Critikat et des gens qui pensent que mettre des termes en italiques rend leur discours profond, ça oui, je l'assume mais ce n'est pas ton cas (même si j'ai beaucoup de mal avec le terme abject, qui pour moi est connoté avec la fin immédiate du débat, c'est d'ailleurs comme ça que l'emploient Rivette et Daney. Ça a sans doute coloré ma réaction, mais elle était excessive). Je te demande de m'excuser.
Je trouve que le débat sur le sensationnalisme n’amène pas très loin: qu'est ce qui aurait pu rendre le film moins sensationnel? Il faudrait que le film soit dans la retenue pour qu'il soit mieux? Un Hou Hsiao-hsien dans la banlieue, moi perso je dit pas non, hein, ça pourrait être très cool, mais est ce que c'est pertinent par rapport à ce qu'il veut raconter? Je ne sais pas, et j'aurais tendance à dire non. Mais bon, je sens qu'on est pas non plus dans l'opposition irréconciliable, et j'avoue que la fin du film me posait question aussi, les messages m'ont d'ailleurs permis de peser le pour et le contre. Encore désolé.
Ineusleau 29/11/2019 22:45:21
J'ai trouvé le film très bien, puisqu'il m'a dérangé, dans le sens positif du terme.

La chute, elle est totalement justifiée par un besoin d'affirmer le propos du film, à savoir l'éducation des hommes, du sens social au sens politique. C'est surtout au sens le plus premier degré dans le film, mais ça laisse une belle marge d'interprétation et c'est remarquable par rapport à l'ensemble de l'histoire, car on est invité à revenir sur chaque point de l'histoire sans être agressé à grand renforts de violons, citations d'actualité et autre.

Là où je peux être sceptique, c'est d'une part l'effet un peu à la mode de la chute, mécanique que j'ai retrouvé chez Ken Loach mais je ne sais plus quel film récent aussi. Et d'autre part, cette chute, c'est un peu comme si le film appelle à l'urgence et croit que le cinéma peut changer le monde. Du coup, je préfère davantage la démarche du film de Ken Loach qui est bien plus déprimante et qui se veut bien plus révoltante : on est dans la résignation et dans une espèce de modestie comme quoi ce n'est qu'un film et que ça ne peut rien faire de plus que de tendre un miroir du monde à ses spectateurs.
Là où les Misérables peut pêcher dans la lourdeur de son propos qui pourrait être trop naïf, alors que la séquence avant est une prise d'otage émotionnelle qui fonctionne hyper bien. (ça tombe tout juste après un développement de background des personnages principaux, donc je pense qu'on peut dire ça comme ça, sans que ça soit négatif)

Du coup, à méditer si le film est très juste de bout en bout ou s'il y a effectivement un excès quelque part.

Un autre détail qui m'intrigue un peu, c'est que le personnage de Lemaire n'a pas de développement de background et il se fait visiblement lyncher à mort par les enfants. Donc je sais pas si c'est une facilité pour mieux faire accepter sa mort que celle des trois pères policier, de ne pas les choquer avant le climat ultime du film, ou si ça peut vouloir dire qu'un "mauvais cultivateur" peut se faire dégommer par les enfants lesquels il a le plus participé a mal les éduquer. Du coup, ce détail me fait dire que le film est peut-être un peu vulnérable par quelques chichis de la morale puisque peut-être je me prends trop la tête sur la mort d'un personnage juste parce qu'il est moins développé que les autres, au lieu de dépasser ça et m'intéresser à autre chose

Je pense en tout cas que le film est bon.
leprodiss 05/01/2020 06:42:37
Je ne vois pas en quoi la fin est d'une lâcheté absolue.

Cette suspension de l'action, elle est davantage là pour interroger tous ceux qui sont concernés par le film (c'est-à-dire la société, c'est-à-dire tout le monde). Ce n'est pas "Je ne choisis pas" ou "Je fais une fin Inception", c'est "Bon, qu'est-ce qu'on fait maintenant ? On pète tout ou on discute ?". La fin est très intelligente parce qu'elle parle au spectateur, elle le met en face d'une réalité qu'on ne peut plus vraiment ignorer dans la France d'aujourd'hui. On est vraiment dans la peau de Pento, complètement étranger à la vie de ce microcosme au début du film et qui en à peine 24 heures va se prendre la réalité en pleine face. On ne peut plus détourner les yeux et faire comme si on ne savait pas.