The Square

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Commentaires
Parkko 19/10/2017 19:19:39
Merci pour la leçon de morale Ruben.
Parce qu'en fait le film c'est juste une sorte de longue démonstration du point que le réalisateur veut prouver. On est dans un film cadenassé à chaque seconde par le désir du volontaire de nous exposer de façon très didactique à quel point l'humanité est mauvaise. Et toutes les scènes qui auraient pu être sympa et intéressantes sont gachées par le fait qu'à chaque fois il faut que ça se termine de façon assez lourde.
La scène du repas est très intéressante. On se demande vraiment jusqu'à quel point ce comportement est suportable. Et puis lorsqu'on en vient à un quasi viol et que juste 1 mec réagit au début je trouve ça déjà complètement irréaliste mais quand les autres se jettent en hurlant à mort, on est vraiment dans un truc écrit sur un script où le réalisateur s'est dit, tiens ça ça montrera vraiment la sauvagerie de l'homme.
Et du coup c'est dommage car toute l'ambivalence morale et le fait que le spectateur pourrait se demander : comment je réagirais ? est finalement gâché par une sorte de thèse d'un écolier cynique et assez fier de lui voudrait nous rendre à la fin des 2h30.
Zoomat 19/10/2017 20:11:46
Je suis plutôt d'accord même si je pense que les exagérations ont aussi un but comique, mais c'est vrai que ça fait tâche, ça casse complètement toute ambiance qui s'installe.
MacGuffin 19/10/2017 21:32:28
Sur la scène du repas, Il faudrait décrire précisément les étapes par lesquelles on passe : d'abord bien content de voir ce happening foutre un peu la merde dans la petite réception bourge, on est ensuite agréablement surpris pas la réaction du personnage de Simon West (très bien jouée) qui essaye de rentrer dans le jeu du "singe". Sauf qu'il refuse, il abuse un peu, quand même, le singe, on est plus vraiment de son côté. Jusqu'à ce que West s'énerve, et de nouveau on ne sait plus trop où se situer, à la fois un peu gêné et bien content de voir ces bourgeois ridicules baisser les yeux devant un peu de violence. Et puis ça va trop loin, à nouveau on est plus du tout du côté du singe, on ne se sera plus jamais de son côté. Sauf que, ultime retournement, il se fait lyncher.
Résultat : je ne sais jamais où me situer pendant cette scène, ma petite boussole morale s'affole constamment.
Toutes les scènes du film sont comme ça.
Toutes les scènes d'Östlund sont comme ça (cf la grande scène finale de "Play").
Alors, "cadenassé", The Square, vraiment pas.

Ensuite, Östlund essayerait de montrer à quel point l'humanité est mauvaise ? Le personnage principal par exemple, il est mauvais ? A quel moment ? Que fait-il d'objectivement mauvais ? Quel personnage est unilatéralement mauvais ?
Réponse : aucun. C'est plus compliqué que ça, c'est toujours plus compliqué.Message édité
Parkko 21/10/2017 20:28:21
Oui, le personnage principal est clairement mauvais vu que dès qu'on lui enlève son vernis on voit bien qui il est vraiment.
Il n'a pas de respect pour les femmes (même si les scènes avec Elizabeth Moss sont très mal emmenées je trouve), pas de respect pour l'art non plus alors qu'il est conservateur (il demande à refaire une oeuvre d'art comme s'il s'agissait d'un tas de poussière), il n'a pas de respect pour les autres (l'histoire de la lettre).


Quand je parle de cadenas c'est que le film, pour moi, est verrouillé par le fait que rien d'autre n'existe à part le désir du réalisateur de nous faire comprendre à quel point l'humanité est horrible. On est un peu chez du Haneke d'ailleurs. Et que chaque scène est comme un argument avancé en plus par le réalisateur pour expliquer : regardez comme j'ai raison.
MacGuffin 22/10/2017 01:05:33
Il me semble que c'est tout le contraire : Christian, c'est l'incarnation du brave type bienveillant et altruiste. On le somme de démissionner lorsque qu'une campagne marketing de son musée rencontre un bad buzz ? Il accepte sans rechigner, alors qu'il n'y était pour rien. Une mendiante lui demande de l'argent ? Il lui offre un sandwich et s'en voudra surement de la laisser se démerder elle-même avec les oignons dont elle ne voulait pas. On lui pique son portefeuille et son portable ? Il sourit et saluerait presque ce coup de maître. On le pousse ensuite dans une action vengeresse (c'est là qu'il ne respecte pas les autres, donc) ? il finit par s'excuser au près de tous les habitants de l'immeuble de banlieue puis (ou avant je sais plus), via vidéo, implore piteusement pardon auprès du gosse qu'il accusait du vol. Et quand une fille, après une coucherie d'un soir, vient lui demander des comptes (c'est là qu'il ne respecte pas les femmes, donc) ? il reste désarment de gentillesse, avant d'enfin, après dix minutes de discussion, balancer les deux-trois trucs un peu machos qu'il avait au fond de son corps.
Ostlund ne nous dit pas : derrière le vernis se cache une humanité horrible (ça serait bien bateau, quand même). Plus précisément, le sujet d'Ostlund serait, je crois, le mâle blanc occidental contemporain qui, comme Christian, comme le père parfois lâche de Snow Therapy, comme les fils de bourges de Play, comme moi, est constamment mou, absent à ses instincts, incapable de réagir face à la violence, tétanisé face à ses pulsions (vengeresses, machistes, racistes, etc.), dévitalisé.


Remarque subsidiaire : si toutes les scènes sont là pour asséner un message, qu'est ce qu'on fait, par exemple, de la scène dans l'appart de la journaliste, avec un singe (un vrai, cette fois) qui passe et repasse en arrière plan. C'est quoi l'argument ou la signification cadenassée qui se cache derrière ça ?Message édité
Parkko 22/10/2017 02:07:30
Les scènes avec la journaliste ne me plaisent pas, mais je pense oui qu'il ne la respecte pas, il la prend pour une fille capable de récupérer son sperme afin d'avoir un enfant de lui... + la scène avec les chaises derrière qui s'empilent, qui est assez bateau mais qui me semble être là pour parachever le côté "Christian et les femmes".

Tout comme la lettre qu'il envoie à tous les résidents d'un immeuble car on lui a volé son téléphone portable, où après un acte d'incivilité il est prêt à s'en prendre (de façon lâche) à finalement 99% d'innocents dont certains seront affectés par sa lettre (dont le gamin, certes chiant, mais dont Michael refuse de reconnaitre son erreur).

J'ai vu le singe comme deux choses. La première comme une volonté d'annoncer finalement la scène du performer et finalement de mettre la scène du performer en miroir face à la conduite très tranquille du singe, qui met donc d'une certaine façon en évidence le fait que le singe se comporte plus comme un humain (ou du moins de façon pas si éloignée) que les hommes. D'ailleurs l'homme singe est beaucoup plus grotesque que le vrai singe.
Zoomat 22/10/2017 09:20:47
Et puis au milieu de son excuse au gosse il réfute vite toute sorte de responsabilité en justifiant ses actions par des problèmes de société.
MacGuffin 22/10/2017 15:30:11
J'ai un peu l'impression que c'est moins Östlund que vous qui jugez le personnage. Tout ce qu'on voit c'est un mec qui se dépatouille entre ses pulsions et sa bonne conscience morale. Il n'est pas mauvais puisqu'il essaye constamment de faire le bien. Et c'est bien son problème.Message édité
L_Oiseau 23/10/2017 13:42:08
@parko A propos de la scène du banquet, cela m'a fait penser à l'"effet du témoin" où la responsabilité de chacun est diminué pour aider quelqu'un dès lors qu'il y a un "grand"
nombre de personne, mais généralement il suffit d'une personne pour que d'autres suivent

D'ailleurs je trouve que cet "effet du témoin" couvre l'entièreté du film, déjà vis à vis de la philosophie du Square. Ensuite avec le vol du téléphone, le banquet, la présentation de l'artiste avec le syndrome de Tourette, les mendiants que l'on voit tout au long du film qui sont ignorés. La campagne d'ailleurs est un peu un déclencheur, tout le monde s'en offusque car cela ne les atteints pas mais que moralement ça parait ignoble alors qu'ils se satisfassent de leurs conditions dans la vie de tous les jours.Message édité
Parkko 04/11/2017 16:43:34
@L_Oiseau
Tu avais raté le tag sur mon pseudo :noel: