Juste quelques plans...
Liste de tadanobu


Lire la description
 
Swallowtail Butterfly
My way par Chara
La reprise qui envoie le film dans une autre dimension, comme seule une chanson d'un WKW sait le faire. Magique.
 
Soy Cuba
Loco de Amor
Le film vient a peine de débuter, et l'on commence tout juste a cerner la folie de la mise en scène grâce aux quelques plans ayant précédés. Et la voix du chanteur commence a résonner. Au fur et a mesure que la camera descend vers lui, l?intérêt de notre oreille se transforme en régal de l'oeil, et une sensation étrange se dirige vers notre coeur. Le sublime timbre du chanteur, parfaitement incarne par la grâce et la lenteur de l'acteur, ne fait qu'un avec la douceur de la camera, qui le suit autant qu'elle le fuit. Et, installe au milieu de ces dames, c'est le spectateur lui-même qui finit par être séduit.
 
Sans soleil
La ville ensevelie
A la fin de ce long voyage que constitue Sans Soleil, les images de la ville islandaise complètement ensevelie sous les cendres noires du volcan restent profondément encrées en moi sans que je puisse vraiment savoir pouvoir. L'impressionnant resultat d'une nature qui reprend ses droits, nous dévoile l?immensité de sa force en crachant de ses entrailles suffisamment de matière fine pour recouvrir une ville entière sous des mètres de cendres. Des cendres lisses, presque aussi sculptées qu'un jardin zen, d'une beauté fascinante qui nous rappelle que nous ne sommes rien.
 
L'Île nue
Les larmes
La dure vie paysanne, la perte d'un enfant, l'injustice de la vie... mais, malgré tout, la retenue et la bienséance japonaise, toujours. Et lorsque des semaines, des mois, des années d'endurance finissent par faire plier l'homme, il ne reste que le fatalisme et la résignation comme témoin. Et la nécessité de continuer, malgré tout, malgré la peine, malgré la douleur... Un courage inhumain et crève-coeur.
 
La Condition de l'homme I - Il n’y a pas de plus grand amour
Faire face a l'injustice
La scène des exécutions, dans ce film si dur. Et, finalement, la révolte de Tatsuya Nakadai après tant de souffrances. Puis, avec lui, la révolte du peuple, uni, pousse a bout et qui ne peut endurer plus. Une trilogie formidable, qui porte si bien son nom, et près de 10 heures résumées en une seule scène.
 
Syndromes and a Century
Le cours de gym collectif
L?hôpital, la nature, les patients et les soignants, la douceur et la douleur... La lente progression du film nous entraîne dans une ambiance hypnotique, froide et presque inquiétante. Mais tout au bout, sans prévenir, sur une place publique, tout le monde s'agite. Petits sauts en rythme, en musique, gaiement et avec entrain. Et la séquence qui dure, qui dure... Jusqu'à clore le film de manière inattendue.
 
Vivre
Sur la balançoire
Takashi Shimura fredonnant un air sur sa balançoire, sous la neige, après l'avoir vu chanter les larmes pleins les yeux.
 
Magnolia
Une déclaration
Une femme qui pleure, toute la tristesse du monde au fond de ses yeux. Et un homme, un peu gauche, qui débarque. Non seulement il a pris son courage a deux mains, mais surtout il a compris, car il a écoute. Et s'il s?apprête a prononcer une des plus parfaites déclarations d'amour, ce n'est en aucun cas pour la réconforter, c'est simplement parcequ'elle le mérite. Un discours comme chaque homme devrait prononcer dans sa vie, servi par le plus parfait des accompagnements musicaux.
 
L'Assoiffé
La voix de Vijay
Vijay qui entre dans la salle, et la mélodie débute discrètement. Le crescendo incroyable qui s'en suit : Vijay qui crie de plus en plus fort son dégoût pour les hommes et la société qui l'entoure, l'orchestration qui se fait de plus en plus présente, le public qui comprend peu a peu ce qui se passe, et la mise en scène qui suit tout cela. La force du discours de Vijay, qui pourrait si facilement transformer sa colère en haine vengeresse, mais qui préfère en faire le fondement de ses propres principe et délaisser le monde qui l'entoure, renonçant a tout. La beauté de la musique, le calme et le charisme de Guru Dutt tel un Gandhi cinématographique. Rarement une envie si forte et si immédiate de revisionner une scène m'aura envahie.
 
Les Harmonies Werckmeister
La douche du vieillard
La tension est déjà montée tout au long du film, et lorsque l'on voit cette foule d'hommes déterminés avancer, on sait que les réjouissances ne vont pas durer. Et pourtant... Pourtant, rien ne peut nous préparer a la scène a venir. Surtout pas son début, le lent balai d'une camera, un fabuleux travelling sans fin autour d'un déchainement de violence, de vieillards battus et de salles saccagées. Et quand le dernier rideau de la dernière salle tombe, c'est la nudite du dernier vieillard qui est révélée. La musique peut débuter, tout est dit : l'innocence et l'impuissance du vieillard, face a sa propre déchéance et face a la violence du monde, l?immondicité de ses agresseurs, le non-sens de tout cela... Et seul le regard perdu final de Lars Rudolph se rapproche notre gène, de part son silence et sa prostration.
 
Images du vieux monde
Ecoute ton grand-père
Les nombreux plans sur ces visages sculptes, uses, creuse par le temps et la vie. Ces paysans et ces informes, dont un simple coup d'oeil permet de comprendre que leur vie n'a pas été de tout repos. Et lorsque l'on demande a ses vieux de la vieille ce qui, au final, est le plus important ? L'amour, pardi ! L'amour !
 
Trust me
Apres l'explosion
La grenade est lancée, tout le monde retient son souffle. Et quand, justement, on le relâche, la grenade choisit alors d'exploser. S?inquiéter ? Pas le temps. Les répliques fusent alors plus vite que jamais. Est-on en train de mourir ? Est-on en train de vivre ? Peu importe, il est temps. Temps d'oser, temps de dire :
"- Why have you done this ? Why did you put up with me like this ? Why you ?!
- I just happened to be here..."
La musique retentit, et plus rien n'a d'importance que l'amour. Irrationnel, indispensable, insurmontable. L'amour...
 
Picnic
Shooting the sun
La fin de l'escapade poétique de nos 3 fous et ce chat perche cinématographique qui s?achève sur cette pluie plumes noires au doux son d'un piano. La rage d'Asano s?échappant enfin, dans un flot d'insultes adressées aux cieux, et cette rafale de tirs sans balle en direction d'un soleil crépusculaire.
 
In the Mood for Love
Quand une femme monte l'escalier
Les ralentis sans fin de WKW au son du solennel Yumeji's theme. Tony Leung adosse au mur, fumant sa cigarette. Son désir et son amour croissants ne trouvant d?égal que dans la sophisticité d'une Maggie Cheung inaccessible.
 
Histoire(s) du Cinéma
La puissance du son, la puissance de l'image
Cet imposant coffret, acheté par hasard, presque par erreur, que je lance innocemment en voulant découvrir un réalisateur si renomme. D'abord incompréhensible, puis déroutant, intriguant, passionnant et terrifiant. Des phrases incrustées a l'image qui sortent de toutes parts, des pistes sonores qui se superposent et un narrateur qui ferait passer les documentaire d'Arte pour la pire des vulgarisation. Un choc cinématographique difficile a encaisser, qui me dépasse complètement. Puis les images des camps, inimaginables, insupportables, nécessaires. Et moi qui ne suis plus rien face a tout cela...
 
Les Anges Déchus
Une moto sous un tunnel
Une moto qui détale, a une vitesse encore augmentée au montage. Et a son entrée dans le tunnel, le ralentit qui inverse presque sa course, fige le temps. Le visage pensif d'une amoureuse, cramponnée a son fumeur de chauffeur. Et tout le kitsch des Flying Pickets qui donne a cette scène la mélancolie douce-amère d'un feel-good movie.
 
Noisy Requiem
A travers l'ouverture
Extrême. La violence, la détresse des personnages, la lumière, le noir et le blanc... une véritable avalanche s'abat sur nous, ne laissant qu'une mince ouverture à la poésie. La camera, furieuse, saisi d'un coup un élan de beauté et ne le lâche plus. De l?intérieur, on film au travers d'une mince ouverture cette petite fille et son frère. Mais voila qu'ils avancent. Et la camera, malgré l?épaisseur de fer qui nous en sépare, ne les lâchera pas. Un long et lent travelling d'un noir total, angoissant, insupportable d'absence d'image, entrecoupe par l?irrégularité des quelques maigres ouvertures qui nous permettent de survivre, d'apercevoir cà et là les deux adolescents. Jusqu'à ce que le miracle se produise : tous deux s?arrêtent, et regardent a travers l'ouverture...
 
The Taste of Tea
Yama yo
Un "feel-good movie" japonais aux scènes toutes plus douces-amères les unes que les autres, desquelles il est difficile d'extraire un seul plan. Et, au milieu de cette légèreté, une touche de folie qui trouve son apogée dans ce tube inoubliable, a la chorégraphie digne des pires séquence de trash TV japonaise, mais dont l?absurdité et le ridicule n'égratine en rien notre attachement pour l'ensemble du film, y compris cette fameuse scène, bien au contraire.
 
Combat sans code d'honneur
La dernière cartouche
Bunta Sugawara qui vide son chargeur sur l'autel de son ami défunt. La seule épitaphe digne d'un yakuza, et le summum du Jitsoruko eiga. La classe, la droiture et la désinvolture d'un fou furieux damne au milieu des pires ordures.
 
The Nuer
Souffrir pour être beau
Mon premier Gardner, et donc ma première rencontre avec sa manie de filmer tous les rituels traditionnels, y compris les moins supportables pour nous. Scarifications, entailles, amputations, circoncisions, castration... a peu près toutes les pratiques imaginables ont été enregistrées par ses camera. Des hommes, des femmes, des animaux et, le plus difficile, des enfants, qui se soumettent de leur plein gré a ses rituels et n'y échapperaient pour rien au monde. Des plans insoutenables, qui crispent l'ensemble de mes muscles et me donnent envie de détourner le regard. Beaucoup n'en retiendraient que des sources supplémentaires pour un prochain Mondo movie, mais il s'agit la d'un aspect primordial pour un ethnologue, car un moyen formidable de comparer nos cultures et nos sociétés.
 
Shara
Dansons sous la pluie
Cette longue, très longue scène de danse sous la pluie. Cette parade collective, cette chorégraphie a n'en plus finir, ces sons hypnotiques, et la transe qui en ressort.
 
Hiroshima mon amour
La prose de Duras
Le premier quart d'heure d'Hiroshima mon amour fut une de mes expériences cinématographiques les plus intenses. Comment ne pas être happe par la cohabitation si proche de l'amour et de la souffrance ? Nous n'avons rien vu, a Hiroshima. Ni la diction d'Eija Okada ni les certitudes d'Emmanuelle Riva. Pas même la musique changeante, touchante, inquiétante, déroutante. Encore moins ces images. Ces images d'Hiroshima, et les mots qui vont avec. L?atrocité qui prend forme sous nos yeux alors que, pourtant, nous n'avons rien vu, a Hiroshima...
 
Le Goût du riz au thé vert
La réconciliation
Un couple qui passe tout un film a essayer de se séparer, mais au final l'amour qui triomphe. Non pas un happy end gras et attendu, mais un instant simple et des mots justes. Une tranche de vie, avec toute la douleur et la douceur qu'elle peut contenir, comme seul Ozu savait les retranscrire.
 
Sayat Nova - La Couleur de la grenade
Puissance formelle et symbolisme
Dans cette liste, Sayat Nova fait presque figure d'exception. En effet, je serais bien incapable de citer précisément une seule scène entière du film. Mais c'est justement l'indissociabilité de tous ses plans qui en fait sa nature. Le visionnage de ce film fut presque une révélation tant chaque plan, l'un après l'autre, ouvre un nouvel univers toujours plus créatif, colore, presque irréel. Un formalisme bluffant et un symbolisme inégalable.

Un ensemble hypnotique, incroyable du début a la fin, ou chaque plan est un nouvel émerveillement. Seuls deux autres films, qui mériteraient aussi d?être présents ici, entrent dans cette catégorie : Survive Style 5+ et La montage sacrée
 
Munyurangabo
Le poème
Ce jeune rwandais déclarant un long poème, face camera pendant plusieurs minutes. Apres le génocide, entre misère, sida et désespoir, cette tirade face camera adresse a ses frère, a son peuple et au monde entier. Comment utiliser la poésie pour continuer a croire, continuer a vivre.
 
My Sassy Girl
Le canon de Pachelbel au piano
J'adore ce morceau, je ne peux rien y faire...
 
Cobra Verde
Femmes africaines
D'abord saisi par cette chorale de voix cristallines, presque enfantines, puis frappé par leurs apparats, de maigres parures colorées couvrant à peine leur nudité. Et ce déferlement de beauté s'avançant lentement vers nous, nous défiant de leurs regards innocents et provocateurs. Toutes à leur aise pendant ce chant traditionnel, sourire au visage et déhanché régulier. Elles nous fixent. Et nous sommes impuissants devant leur grâce. Klaus Kinski prend notre place, et même lui devient un homme sage, souriant, attentif. Osant à peine les toucher, malgré une tentation évidente, sa fascination ne trouve de refuge que dans le plaisir de ses yeux et ses oreilles. Totalement désemparés, il faudra que leur parade prenne fin pour que nous retrouvions nos moyens.
 
Eli, Eli, lema sabachthani ?
Le concert
Cette scène de musique noise en plein air, qui sacralise quasiment a elle seule l'ensemble du film. Le paroxysme d'un scénario moyen mais riche en expérimentations sonores qui m'a fait comprendre l'importance du son dans un film.
 
Blissfully Yours
Caresses au bord de l'eau
Un jeune couple isole au bord d'un ruisseau. Allonges l'un contre l'autre, explorant leurs corps progressivement en découvrant le monde de l?intimité. Pudeur et timidité, envie et excitation. La main de la jeune fille qui se glisse progressivement dans l'ouverture du caleçon et ce sexe, incapable de mentir, qui acquiert la même rigidité que tout le corps du jeune homme dont le souffle s?accélère. Naturalisme et érotisme, une scène de sexe au réalisme qui provoque des réminiscences.
 
I Don’t Want to Sleep Alone
Neither do I
Bientôt 3.000 films vus, et même pas 50 entrées dans un cinéma. Pire encore, avant cette séance, La tour Montparnasse infernale comme meilleur souvenir devant un grand écran. Imaginez donc un peu l'orgasme cinématographique que fut pour moi, pour la première fois, de découvrir un film que j'adore dans les meilleurs conditions possibles. Et, par la même occasion, la découverte de Tsai Ming-liang, ce cinéaste si particulier. Décontenancé du debout a la fin, dans un état d?éveil et d'attention encore jamais atteint. Et tout vole en éclats en un instant. Un plan interminable de plus, sur la surface de l'eau. Puis un matelas apparaît et se dirige vers nous plus lentement que les plaques tectoniques. Et, sans prévenir, une voix limpide et cristalline brise d'un coup le silence. Ma gorge se noue d'un coup, les larmes montent, et la chair de poule ne s'estompera totalement qu'une fois sorti de la salle. Une lumière flottante a a peine le temps de rejoindre cette scène divine que le film s?achève, me laissant dans un état de prostration, totalement démuni, dépassé parce qui venait de m'arriver.
 
Antichrist
Le prologue du monstre
La photographie impeccable d'un noir et blanc éclatant, une belle et douce musique classique et un ralentit constant tape a l??il. Pour filmer quoi ? Un coït en gros plans, qui détourne l'attention des parents de leur fils, qui aura ainsi toute la liberté nécessaire pour sauter par la fenêtre et se tuer, au moment même de l'orgasme de sa mère. La quintessence du cinéma de LVT, capable d'enfermer dans le plus beau des écrins le pire des propos.
 
Hitler, tiers monde
Le plan de mes rêves
En plein milieu de cet ovni cinématographique, la camera débute son ballet. Embarquée a bord d'une voiture, elle fait pencher le paysage. Non, elle le fait basculer ! Tourner même ! 360? ! Et encore un tour ! Un plan que je n'avais jamais vu et que j'avais toujours rêve de réaliser, ayant même réalisé quelques test avec une petite camera. Et Jose Agrippino de Paula de venir briser mon rêve, pour mon plus grand plaisir, en me montrant que c?était déjà fait.
 
Tabataba
L?arrivée au village
Ses lents travellings simulant l?arrivée des troupes au village. Apres des dizaines et des dizaines d'heures de cinéma malgache visionnées sans la moindre valeur cinématographique, qui avait pratiquement éteint tout espoir, l'impression, enfin, de déceler un peu de maîtrise a l?intérieur d'un plan. Une délivrance, un fantasme assouvi.
 
The Act of Seeing with One's Own Eyes Court
Rencontre avec Stan Brakhage 3/3
Je pensais avoir tout vu, et pourtant... The Act of Seeing with One's Own Eyes est l'un des rares films dont je n'ai jamais pu parler. Nulle part, jamais, a personne. Le traumatisme a été trop grand. Pendant tout le visionnage, les dents serrées, les sourcils fronces, les tripes prêtes a sortir, je me suis pose tant de questions ? "Pourquoi ? Quel intérêt ? Dois-je vraiment regarder ? Et jusqu'au bout ? etc..." J'ai d'ailleurs un jour lu que regarder ce film est comme "soutenir le regard de Méduse".
J'aurais pu reprendre une partie du vocabulaire employe pour Window Water Baby Moving tant les expériences sont toutes deux éprouvantes, mais la nature des actes filmes est diamétralement opposée : un accouchement d'un cote, une autopsie de l'autre. Surtout, chacun a provoque chez moi deux états la-aussi opposes. Pour le premier, de la prostration, dépassé par ce que je venais de vivre, en état de choc. Mais pour celui-ci au contraire, une volonté de contrôle, de rationalisation, un état de réflexion intense, proche de la méditation. Le titre du film ouvre de ce point de vue de nombreuses pistes. Jamais, en tout cas, je ne m'?tais autant questionne sur le sens des images ou encore la démarche d'un vidéaste. Un film qui a profondément modifié mon rapport a l'image.
 
Window Water Baby Moving Court
Rencontre avec Stan Brakhage 2/3
Apres plusieurs dizaines de courts-métrages visionnes, je commence enfin a comprendre pourquoi ceux-ci m'hypnotisent tant. Tout le génie de Brakhage semble résider dans sa capacité a créer un langage visuel et sensitif sans faire appel a aucun procédé technique traditionnel ou rationnel.
Mais en creusant sa filmographie, je me rends compte qu'elle n'est pas uniquement constitue de segments abstraits obtenus après un travail physique sur la pellicule. Il lui arrive aussi, parfois, d'avoir recours a des images du réel. Et, dans ce cas, le rendu n'en est que plus monstrueux.
Brakhage parvient a faire surgir la beauté la plus pure et naturelle des images les plus immondes et répulsives. Quoi de plus naturel qu'une femme qui accouche ? Rien ! Quoi de plus traumatisant qu'un accouchement ? Rien ! Ce paradoxe, Brakhage parvient parfaitement a le mettre en images, tant le spectateur passe pour toutes une palette de sensations toutes plus éloignées les unes des autres. Une expérience dérangeante, choquante, éprouvante, dégoûtante, douloureuse mais aussi fascinante, nécessaire, instructive, libératrice et, au final, bouleversante. Un film qui laisse bouche-bée, sans savoir quoi dire, faire ou penser.
 
Study in Color and Black and White Court
Rencontre avec Stan Brakhage 1/3
Ayant croise ca et la le nom de cette, apparemment, éminente figure du cinéma expérimental, je me lance finalement, sans grande attente, a sa découverte. A peine deux minutes plus tard, j'en ressors avec un scepticisme plus grand que jamais : du noir, du noir et encore du noir, entrecoupé de certains "éclats" qui ressemblent a de la pellicule endommagée. Mouais, pas pour moi, je passe mon tour.
Les jours passent, les semaines s'écoulent et les mois s?enchaînent. Et pourtant ces images ne me quittent pas. Incapable de comprendre leur sens ou leur utilité, leurs tenants et leurs aboutissants, ce court m'agace et me travaille. Et l'envie irrépressible d'en voir plus pour mieux comprendre monte peu a peu en moi. C'est le début d'une spirale infernale qui ne s?arrêtera jamais...
Longs
33
Films
1322
Notes
7.24
Moyenne
Vous
0
Longs
Courts
3
Films
56
Notes
7.13
Moyenne
Vous
0
Courts