Vérités et mensonges

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Commentaires
EdHelms 31/05/2012 23:20:05
Film documentaire et faux documentaire à la fois ?
Zering 30/03/2015 21:48:08
Incroyable.
Yayap 07/06/2020 16:15:06

Assez hallucinant que ce dernier film réalisé par Welles du temps de son vivant. Les réflexions du cinéaste sur la notion de supercherie, fondamentales dans toute son oeuvre et au centre d'Une Histoire Immortelle, sont ici poussées à leur paroxysme dans un film qui mélange avec une aisance toute particulière documentaire et fiction. Quel meilleur sujet pour aborder cela que celui de ce peintre faussaire et de son biographe, également faussaire ?


Le film est passionnant à suivre grâce à son montage, minutieux et extrêmement ludique, bondissant avec aisance d'un sujet à l'autre, et bien entendu narré par la voix suave d'Orson Welles (aka la meilleure voix du cinéma). On voit que le cinéaste s'amuse à dérouler cette histoire invraisemblable, à comparer les faits, à faire dialoguer les images entre elles pour y faire naître un sens nouveau. Il y a un côté ludique et souvent très drôle, sans compter des scènes où le montage fait preuve d'une inventivité assez sidérante (le récit avec Oja et Picasso...). Sans compter la musique jazzy de Michel Legrand et la manière dont elle crée un lien confortable entre les images et les temporalités. Je n'ai pas vu passer l'1h30, on aurait dit un court-métrage. 


Orson s'amuse bien entendu de la notion de vrai et de faux, ne serait-ce que dans le "contrat" qu'il passe avec le spectateur et dans la manière dont il utilise ses images. Mais il développe et déconstruit également pas mal de choses, sur la notion d'art, d'expertise (les "experts" de tout poil en prennent pour leur grade :hap: ), se demandant ce qui relève ou pas de la vérité et si finalement tout art n'est pas mensonge. Comme d'habitude, le coeur du film est évidemment le rapport qu'il établit avec sa propre existence, rapport ici explicite puisque Welles se met en scène lui-même et revient en partie sur sa carrière et le fait que son premier coup d'éclat (son adaptation radio de La Guerre des Mondes) fut lui-même une supercherie. Il y a quelque chose de profondément triste et mélancolique à voir ce grand cinéaste qui a révolutionné son art s'assimiler lui-même à un charlatan. 


Un de ses plus grands films. 

Stebbins 14/07/2021 20:14:11
Avis

Ultime réalisation ante-mortem du gigantesque Orson Welles ( The Other Side of The Wind ayant été re-constitué en grande partie après le départ du célèbre auteur de Citizen Kane et de La Soif du Mal ) F for Fake s'avère être au final une assez grosse déception. Récit docu-fictif, documenteur dont la principale ( et sans doutes unique ) thématique demeure le faux artistique ce dernier long métrage témoigne pourtant de superbes qualités de narration et d'idées de cinéma, autant de mises en abyme susceptibles d'exprimer l'importance du support créateur : voix-off typique du génial Orson ( un extrait re-fabriqué de l'émission radiophonique de 1938 de La Guerre des Mondes constitue une assez délicieuse curiosité au coeur du métrage...), média télévisuel, photographique ou encore science colossale du montage et de l'agencement narratif...

Si la mise en scène tient encore et toujours du véritable prodige de Cinéma le propos tourne hélas beaucoup trop en rond, au point de littéralement alimenter du vide sur la longueur - heureusement assez courte - de cet ultime métrage. Schématique, systématique l'argument dichotomique intrinsèque audit film ( est-ce faux ? est-ce vrai ? ) ne dépasse jamais son canevas original, passionnant certes, mais cruellement débarrassé de sa substance au fur et à mesure que les images se succèdent... En résulte un bel écrin résolument virtuose dans sa manière d'être raconté mais également terriblement indigent, et fort peu dense en termes de réflexions filmiques. A voir pour le ludisme hautement talentueux de la forme.