Sandakan 8

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Commentaires
Zoomat 03/08/2017 23:37:18
C'est un concept la galerie avec le même plan une fois en qualité vhs et une autre fois en qualité dvd. :hap:
ein 25/11/2021 15:04:39
Avis

"-Still...that's a tough job for a woman.
-No. It's the kind of job only a woman could do"


Kei Kumai emploie la même structure narrative que dans son Shiny Moss mais avec d'avantage de succès ici je trouve.
Une œuvre qui lève l'omerta sur l'exploitation sexuelle qu'ont subi les jeunes femmes japonaises envoyées à l'étrangers effectuer un "honnête travail" pour subvenir aux besoins de leur famille.
On les nommes les Karayuki-san, on notera le suffixe "san" qui n'est qu'un euphémisme puisque ces pauvres sacrifiées pour la gloire de l'empire seront rejetées à leur retour sur le péninsule japonaise, ostracisées et discriminées par tous : même leur progéniture.
On pense bien évidemment à l'œuvre de Mizoguchi et certains thèmes font échos à La rue de la Honte avec cette mère de famille réprouvée par son seul fils qui ne daigne même pas lui rendre visite ou lui présenter son épouse.

L'occasion de voir l'un des derniers grands rôles de Kinuyo Tanaka interprétant cette ancienne prostituée, honte japonaise vivant à la lisière de la ville dans des conditions déplorables.
On s'étonnera d'une longue introduction de presque 35 minutes avant d'apercevoir les premières images de sa vie en tant que jeune adolescente contrainte de quitter sa terre natale avec pleins de rêves dans les yeux.

Néanmoins tout en saluant les efforts mis dans la reconstitution de ce Bornéo sous protectorat britannique à cette époque il faut vraiment saluer la profonde amitié et confiance qui se noue entre les deux femmes de génération différente pour une dernière partie d'une justesse et d'une force dramatique confondante : le choix des dernières images et mots prononcés par la journaliste sont d'une belle puissance évocatrice qui je l'espère résonnent encore aujourd'hui pour toutes ces âmes oubliées.