Suzaku

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Commentaires
harmonia 25/02/2013 18:22:57
Poésie
absinthe 21/11/2013 20:35:32
J'aime beaucoup cette pratique très kiarostamienne et un tantinet perverse mais terriblement légitime de jouer avec les attentes du téléspectateur par rapport au hors-champ. Il y a une séquence où les deux cousins quittent une ruelle en moto par la droite (alors qu'on s'attendait déjà à ce qu'ils prennent le chemin tout droit), et le plan d'après, on a une séquence où l'on voit un homme monter à pied une colline dans le même angle, en bas à droite (donc déjà, niveau montage, c'est d'une rare intelligence) et ce plan, c'est juste ça, une route, une colline et deux, trois ruelles... on entend le bruit de la moto arriver, toujours sans voir les deux jeunes gens. Dans la logique du montage, on s'attend à ce qu'ils débarquent devant nous, donc depuis la ruelle qui nous fait face, mais finalement ils viennent depuis derrière la caméra (bref, ceux qui ont vu le film auront compris). Ça me fait penser à cette séquence dans le Goût de la cerise où l'on a un plan fixe sur le protagoniste dans la voiture, on le voit parler mais on ne sait pas où se situe son interlocuteur (dans la voiture, à l'extérieur...). Et le réalisateur, tout comme Kawase ici, s'amuse à jouer avec nos incertitudes sur les questions du hors-champ et du son diégétique. En gros, d'où provient le bruit de ces êtres que l'on ne voit pas dans le champ ?

Sinon, elle est très belle aussi cette façon de filmer les êtres de différentes générations. Dans un plan comme celui-là par exemple [lien]http://img34.imageshack.us/img34/2808/1ahl.png[/lien], où l'ado se situe dans le coin le plus assombri. C'est un peu pareil dans les Hsiao-Hsien.
La scène du tunnel est géniale. C'est l'oncle, donc le plus âgé, qui entre d'abord, plan suivant, jeunes cousin et cousine esseulés puis la caméra bascule en contre-plongée, la gamine qui est toute petite disparaît du champ pour isoler le jeune garçon dans le cadre qui doit entrer dans le tunnel seul, indépendant.

C'est très beau, en plus je n'ai pas senti les longueurs éreintantes et un brin excessives à mes yeux que je peux trouver aux films de Hsiao-Hsien (bon, je dis cela, mais j'aime beaucoup HHH)
Shanghai 21/11/2013 21:18:19
Ca m'a l'air d'être un bon film pour poursuivre la carrière de la madame. :oui:
harmonia 21/11/2013 21:55:19
Ca fait plaisir de voir ta note à Shara et ton goût pour Kawase Mr le sorcier
Shanghai 21/11/2013 22:05:45
Ouais, il y a des chances qu'elles se place parmi mes réal' japonais préférés à l'avenir !
Shanghai 14/12/2013 18:28:47
J'adhère totalement au style de Kawase. La mise en scène paraît random à première vue mais en réalité c'est constamment réfléchi, les personnages sont touchants car très humain et le plan final est encore une fois magistral !
Endless_ 16/07/2016 03:08:36
Magnifique mise en scène, comme dit au dessus, à la fois naturelle et sophistiquée. Décidément j'aime beaucoup le style de Naomi Kawase malgré cette lenteur permanente dans le rythme général. Les personnages sont touchants, la narration est poétique, le thème principal est sublime. Magnifique film qui m'a profondément touché.
OfficierGrant 07/05/2021 09:11:06

J'ai bien aimé, on trouve déjà en germe ce qui sera à mon sens encore mieux traité (et avec encore plus de subtilité !) dans Shara. Par moments le film est un peu trop didactique, désincarné (volontairement) et perd de sa puissance émotionnelle pourtant bien réelle. Mais Kawase fait montre d'un talent tout à fait original à filmer le Japon contemporain, sans aucune emphase dramatique outre-mesure. Et comme certains l'ont souligné son talent de photographe n'est pas étranger à la mise en place d'un symbolisme visuel très intéressant.