Mommy

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Commentaires
Ludovico 05/10/2014 21:47:51
De Xavier Dolan, je n?avais vu que Les amours imaginaires, qui m?avait fait grande impression et était devenu un petit coup de coeur. En allant à l?avant première de mon ciné, j?en attendais un film aussi bon que celui-là, ou au moins un très bon film. Résultat, ce fut une grosse claque !
Mais revenons au film, Mommy se passe au Québec en 2015, où suite à une réforme, il est devenu légale pour une mère d?abandonner son enfant à l?hôpital sans aucun motif. Dolan choisit de concentrer son récit autour de Diane « Die » Desprès et de son fils Steve, qu?elle récupère suite à son expulsion d?un centre, mais aussi de leur voisine, Kyla, qui est une prof bègue en année sabbatique. Ce qui frappe d?emblé le film est la justesse de l?écriture : Les dialogues n?en font jamais trop même lors des scènes dramatiques, les répliques drôles fusent ,le mélange des tons passa très bien et certaines scènes de tensions, survenant de « nulle part » sont justes bluffantes , autant par leur maîtrise que par les personnages qui sont toujours touchants, notamment grâce à leurs interprètes, qui sont tous plus ou moins des habitués de Dolan et qui jouent magnifiquement bien sans trop en faire. A noter que les seconds rôles sont aussi très bons. La deuxième chose qui pourrait choquer est le format d?image : le fameux 1 :1 que Dolan avait déjà expérimenté dans son clip pour Indochine de College Boy. Et pourtant, il n?en est rien ! Les cadres sont toujours beaux et soignés grâce à une très belle photo, qui pourra paraître tape à l??il pour certains, les plans sur les visages sont juste magnifique. De plus, Dolan délaisse quelque fois son 1 :1 pour passer en 1 :85 se qui renforce la fuite des personnages : fuite de leur passé, de leurs problème, de leur vie actuelle, on parle d?ailleurs souvent de déménagement dans le film. Néanmoins une seule constante, l?amour d?une mère pour son fils ! On pourra noter aussi une utilisation de la musique tout juste excellente, qui vient même sublimer les scènes, je pense notamment à la scène à vélo sous fond de Wonderwall d?Oasis ou de la fin qui m?a laissé sur le cul.
En définitif, Dolan s?impose comme un des réalisateurs les plus talentueux de sa génération et mérite qu?on jette un ?il à ses oeuvres. Probablement un des meilleurs films de l?année avec Nymphomaniac et Maps to the stars, même si c?est pas fini et que j?ai loupé certains films.
Plume 08/10/2014 20:38:44
Quand on commence à se demander pourquoi un film s'acharne à souligner l'évidence, quand on passe son temps à remettre en question sa capacité à ressentir quelque chose devant un plan, c'est en général que le film ne nous touche pas.
Hors de ces considérations dignes des Dupont et Dupont, il faut bien se rendre à l'évidence: l'agitation autour de Mommy est tout à fait injustifiée, et le père Godard a eu bien raison de ne pas aller le voir.
Dolan, on aimerait bien le rêver en Rimbaud moderne, en maître du sensoriel subversif et de la subtilité, sauf que voilà avant de détourner tous les codes de la poésie Rimbaud était le dernier grand poète latin, et sa poésie est nourrie des vers de Virgile et des poètes latins. Dolan ce serait plutôt Céline Dion à la place de Virgile. Dés lors, pas étonnant que Mommy soit à peu près aussi subtil qu'un bon vieux téléfilm familial. Alors on accordera que c'est un téléfilm aux ressorts narratifs originaux, à la mise en scène intéressante (on ne dira pas exaltante), le tout monté par notre réalisateur de clips en québécois préféré.
Bref, chaque scène est un sommet d'esthétique kitsch (certains disent "pop"...) et de couleurs bien choisies (à titre personnel, je suis quelque peu daltonien, comme beaucoup de grands peintres, peut être que c'est ce qui m'empêche d'être sensible à toute forme directe de maniérisme?), et dans ce tourbillon surdécoupé on se surprend parfois à apprécier quelques vraies bonnes idées de cinéma. Par exemple le face à face entre Suzanne Clément et Steve: il y a là une vraie tension, on ne sait pas quelles pulsations animent le personnage de Kiya, on tremble un peu, le plan est suffisamment long... peut être le style nerveux de Dolan fonctionne-t-il mieux quand il s'agit de créer des moments de tension (comme dans la réussite Tom à la ferme)?
Mais chaque fois qu'on est face à des tentatives de susciter l'émotion, le découpage est trop hasardeux, pas assez équilibré, c'est artificiel, on sent que le mouvement vient des acteurs qui tentent de sortir du cadre plutôt que de l'extérieur, du temps scellé sur la pellicule.
La plupart des séquences sont noyées dans les kitscheries d'une bande son souvent plombantes, par exemple cette utilisation de Wonderwall (...) particulièrement grossière, le tout avec un montage à nouveau clipesque, des ralentis, le héros (artifice ultime) qui écarte le cadre pour symboliser comme une mouvement vers la libération intérieure... quelle lourdeur! Comment être sensible à de tels artifices, à une telle profusion d'effets inutiles?
Et c'est ainsi tout du long, une succession de symboles grossiers (la pluie, la séquence du rêve de Diane et la mise au point maniérée, la fin où le héros se libère -bien que pour le coup l'image soit assez belle- ...) et une sensation progressive de profond agacement.
Xavier Dolan n'atteint pas l'au delà du faux, c'est le moins qu'on puisse dire. Il ferait mieux de se faire la filmo de Godard, le génie vient souvent de la qualité de l'inspiration.
Clyde 10/10/2014 12:27:28
Dolan a pris en maturité pour livrer son meilleur film, utilisant son style et ses idées au profit de son récit et ses personnages.
D'abord le choix du 1:1 parait totalement judicieux, puisque le format étant plus petit, la caméra capte davantage le mouvement, étant au plus proche de ses personnages (ce qui peut-être étouffant tel du Kechiche), et doit bouger afin de suivre les protagonistes. Cette mise en scène énergique et pulsée convient totalement à l'hyperactivité du personnage de Steve. Cela donne un aspect très réaliste au film dans son traitement, d'ailleurs la plupart des dialogues forts nous sont livrés bruts, sans musique extérieure, on croit aux personnages, le jeu des acteurs est excellent par ailleurs, c'est poignant.
À contretemps, Dolan comme à son habitude, nous livre des scènes très stylisées, par l'utilisation du ralenti et de la musique (directement influencée par Wong Kar Wai), permettant à ses personnages de s'échapper, s'évader et au spectateur de respirer. Oui, parfois, Dolan en fait presque trop, mais le caractère surfait, quasi clipesque, et excessif souligne très bien l'aspect hors du temps de ces séquences, mais également la personnalité extrême de Steve, très intense, aussi violent et incontrôlable que gentil et attachant. Et puis ça fait du bien de faire du beau avec de la musique populaire, les personnages viennent d'un milieu populaire c'est le choix qui parait donc le plus logique (on peut penser à l'utilisation que Korine avait faite de Everytime). J'émettrai une réserve quand ces scènes sont utilisées dans le cadre dramatique (cf. la scène du supermarché), car cela devient moins réaliste, moins poignant, plus pathos.
La relation entre la mère et le fils est très bien écrite, la ressemblance évidente entre les deux, la force qu'il s'en dégage, mais aussi leur instabilité et ses conséquences. S'ils s'aiment et font tout pour s'en sortir, on sent qu'ils vont dans une impasse. Cette thématique est traitée de manière très habile, sans jugements. C'est bien équilibré, chaque personnage à la place d'exister, même la voisine qui vient s'immiscer dans ce duo qui prend son importance pour s'émanciper.
C'est bouleversant, drôle, puissant. Un grand film.
Plume 10/10/2014 16:22:17
N'empêche la différence de moyenne entre celle de Mommy sur CL et sur à peu près tous les autres sites/critiques presse est assez saisissante, preuve que ce site a le monopole du bon goût et une certaine lucidité! D'ailleurs je pense que ce film va très très mal vieillir :-)))
Zsasz 12/10/2014 13:20:34
Au début je voulais même pas le voir, puis j'étais parti pour détester et puis voilà.
Il est quand même doué ce petit con malgré certains défauts.
Kino 12/10/2014 13:29:59
Je me prépare psychologiquement pour aller voir ce Dolanus ! :hap:
blazcowicz 12/10/2014 15:11:20
On est content pour toi :hap:
Hawai 13/10/2014 19:42:13
J'ai bien aimé :hap:
Moorhuhn 13/10/2014 22:41:27
Le gros problème de ce film, ce sont ses 20 dernières minutes. Avant ça c?est remarquable.
jejeninjaki 18/10/2014 22:10:21
Ohlalala cette moyenne bien basse à mes yeux, vous êtes des anti-conformistes sur ce forum :o))