BAC Nord

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Commentaires
17/08/2021 16:48:37
Avis

Le dernier film de Cédric Jimenez s’inscrit dans une tradition française datant d’une trentaine d’années qui consiste à cartographier nos banlieues si décriées via le prisme du cinéma vérité. Les efforts sont nombreux et parfois retentissants (La Haine bien évidemment en tête).
Avec cette promesse de « vivre » la banlieue, installé confortablement dans notre siège, les réalisateurs ont fréquemment utilisés le point de vue du mec local pour mieux décrypter cet univers particulier avec ses codes et comprendre les problématiques rencontrées. On peut citer dans cette veine social Bande de filles, Divines ou encore le film de Kery James Banlieusards sortit sur Netflix pour les essais récents.

BAC Nord prend le contrepied de ce cinéma en se concentrant uniquement sur les unités de police côtoyant de près les blocks de la cité et les dealers entre autres. La comparaison avec le superbe Les Misérables de Ladj Ly sera forcément évoquée et à juste titre puisque le point de vue adopté semble le même sur le papier. Hélas, le dernier film de Jimenez ne tient à aucuns moments la comparaison et n’aura pas vraiment vocation à délivrer une réflexion sur l’état des banlieues aujourd’hui et sur l’ambiguïté des rapports de force entretenus. Pire, le film s’inspire de faits réels et fait le choix d’ériger les agents de la BAC en tant que martyres, ce qui peut poser des questions sur les intentions des scénaristes et sur la véracité des faits. Le carton d’ouverture du film prouve que l’équipe sait bien qu’elle marche sur des œufs. Certains ne manqueront certainement pas d’y voir un pamphlet pro RN. Un raccourci que l’on évitera ici.

BAC Nord s’inscrit en réalité davantage dans le genre du film policier/polar/action à la française. Ce n’est pas étonnant de retrouver le réalisateur et la scénariste (Audrey Diwan) de La French à la barre de ce film sévèrement burné et transpirant la testostérone. Amitié virile, concours de flingues et d’injures jusqu’au régime en protéines. On n’échappe pas aux clichés du genre. On sacrifie même Adèle Exarchopoulos réduite à un rôle de faire-valoir.
Sous l’angle de la série B généreuse et violente, BAC Nord pourra être apprécié à sa juste valeur. Un ride énervé au rythme maîtrisé. Quelques touches d’humour et répliques bien senties participent à l’alchimie des 3 acteurs principaux (François Civil et Karim Leklou en tête) et confèrent un véritable capital sympathie pour le film. Les scènes d’émeutes et de siège avec un tas de gens cagoulés parviennent à faire ressentir le chaos et l’oppression vécue par les policiers. Bref, un honnête divertissement nageant entre l’action effrénée d’un Fred Cavayé et une dissection de l’intérieur d’une brigade lorgnant vers du Olivier Marchal.

Du moins, durant les 80 premières minutes. Ensuite, le film retombe et s’essouffle. Cédric Jimenez maîtrise bien moins le drame, peine à capter la sensation d’isolement et la difficulté d’effectuer certains choix moraux. Il semble empêtré et enchaîné à la véritable histoire pour la première fois et termine son film assez laborieusement. Même un acteur confirmé et habitué à ce genre de rôle de gueule cassée tel que Gilles Lellouche peine à convaincre dans ce dernier acte.

C’est toujours dommage de finir sur une note salée mais qu’importe ces 15 dernières minutes ratées, on retiendra un film plaisant et généreux pour tout ceux qui réussiront à s’affranchir de ce qui ressemble à d’énormes défauts de prime abord.
21/08/2021 05:20:52
Avis

Le réalisateur a beau le nier, je pense que personne ne sera surpris si je dis que BAC Nord est un film pro flic. Il prend clairement parti pour les policiers dans le cas de l'affaire de la BAC de Marseille qui a défrayé la chronique il y a une petite dizaine d'années. Et pourquoi pas ? Il dit s'être inspiré des témoignages des policiers eux-mêmes...

J'ai du mal à comprendre pourquoi il n'assume pas ce point de vue...

Surtout que les trois héros du film sont clairement présentés comme des bons gars, où la pire part d'ombre c'est que le personnage de François Civil fume des pétards (on a vu bien pire, surtout que ce n'est jamais montré comme étant un problème). Ils sont par ailleurs systématiquement montrés seuls contre le reste du monde... seuls contre la hiérarchie, seuls contre les caïds de banlieue, seuls contre la justice... Ils ne sont jamais vraiment montrés comme étant en tort, quoi qu'ils fassent... Je veux dire qu'on est très loin d'avoir un film qui soit un temps soit peu nuancé. C'est pas grave de faire un film pro flic, mais faut pas venir faire semblant que ce n'est pas le cas...

Après sur le film en lui-même, c'est assez triste à dire, mais il fait déjà vu... Les personnages sont assez mauvais dans leur écriture (et puis on ne va pas se mentir mais Gilles Lellouche joue assez mal), ils n'ont aucune consistance, c'est même des clichés sur pattes... Entre Leklou qui remplit le rôle du père de famille, Lellouche celui du vieux sage qui a vu la situation se détériorer mais qui a envie de continuer à bien faire son métier, tout en étant assez désabusé vis à vis des directives de sa hiérarchie... et Civil qui est une tête à claques...

Qu'est-ce-qu'on peut faire à partir de là ?

Surtout que les pistes intéressantes sont celles qui sont le moins développées. Au début du film on sent que le trio veut de l'action, ils s'en foutent de retrouver le propriétaire d'un scooter volé qu'ils viennent de récupérer, trop de paperasse, donc c'est chiant... ils préfèrent aller choper des dealers à la place. Plus développé ça aurait été pas inintéressant de voir l'inadéquation entre les profils recrutés pour entrer dans la police et les tâches qu'on leur demande d'exécuter...

Mais non...

Ce qui aurait permis de comprendre pourquoi ils sont parfois assez violents, plutôt que d'asséner un discours simpliste du genre : on veut faire du bon boulot et pas juste du chiffre.

Bref, j'ai l'impression que le réal s'en fout que ses personnages soient des stéréotypes, que le discours de son film soit très simpliste, il avait envie de se faire un petit film d'action durant la première partie. Et je dois dire que si on passe outre le fait que c'est très con, ça passe plutôt bien. On se surprend même à ressentir de la tension durant leur grande opération de police qui a lieu au milieu du film...

Mais alors la fin... On sent que Jimenez n'a aucune idée de comment filmer ça, c'est totalement chiant tant on est sur du déjà vu... le type qui clame son innocence, le type qui ne veut pas trahir son informateur, le type qui devient fou... surtout que ce n'est ni raconté, ni filmé de manière originale, ou avec un angle particulier... ou avec une quelconque audace... Faut juste se taper ce truc là, poussif au possible et surtout toujours aussi con que le reste du film...

Autant avant ça passait car c'était plutôt dynamique, autant là, une fois le rythme ralenti, on voit toute la nullité du truc. Je veux dire qu'il ne prend même pas la peine de traiter véritablement l'affaire de la BAC de Marseille. Il avance des éléments dont il ne fait rien. On apprend que les policiers ont été sur écoute dans leur voiture... ok... ? et ? Qu'est-ce-qu'on apprend dans ces enregistrement ? on ne le saura jamais... parce que nous spectateurs on ne les a rien entendu dire dans la voiture qui serait super compromettant.

Et donc j'ai la sale impression que Jimenez a mis sous le tapis les éléments pouvant incriminer les policiers dans la vraie affaire (qui a l'air d'être un merdier pas possible) et a joué à l'autruche... C'est frustrant. Surtout que moi ça m'intéresse, en tous cas plus que de voir Lellouche jouer (très mal) le mec à bout avec une mise en scène qui récite tous les lieux communs du genre.

BAC Nord est donc un film maladroit, qui s'il s'en sort pas trop mal sur l'action et la tension (c'est déjà pas mal on va me dire), se vautre sur tout le reste. (Le dialogue tout pourri de réconciliation entre Civil et Leklou me hante tellement c'est prévisible et mal écrit)


En fait ça aurait été un meilleur film si jamais ça durait 1h20 et s'il avait eu l'intelligence de refuser de mettre le nez dans l'affaire judiciaire en cours, puisque de toutes façons il n'a rien de bien intéressant à dire dessous et ça ramollit le film et qu'il ne sait pas comment le filmer.

Juste un mot sur les terribles accusations d'être un film qui donne envie de voter Le Pen : mouais. Le véritable adversaire des policiers ce n'est pas la banlieue, mais c'est l’État, l’État qui les abandonne, qui abandonne les quartiers, les politiques qui font leur campagne de communication autour de tout ça...
Bon c'est pas forcément très bien amené, très subtil, très bien traité...
26/08/2021 11:43:03

Je partais vraiment voir un film de gros bras hyper nerveux et à la fin le film c'est 40% de buddy movie rigolo (Civil en Nekfeu à clébard est très marrant), 10% film de gros bras (la séquence centrale de l'assaut de la cité est vraiment pas mal emballé, c'est vrai) et 50% de ouin-ouin en prison sans intérêt. Jimenez passe clairement à côté de son sujet (des flics lâchés par leur hiérarchie, sans repères) et semble pourtant vouloir s'entêter à raconter quelque chose alors qu'on était juste venu voir un polar tendu. A cela s'ajoute le fait que le film entretient un rapport à la réalité plutôt conflictuel avec son carton d'ouverture qui donne l'air de se dédouaner du récit (on "s'inspire" seulement) tout en utilisant de vrais images d'archives et en terminant sur les sempiternels "x aujourd'hui fait cela, y lui fait ceci". Assez malhonnête dans l'ensemble.

26/08/2021 11:54:05

Je m'insurge sur les proportions, c'est :

50% de buddy movie (rigolo bon...)
25% film de gros bras
25% ouin-ouin en prison (c'est 20/25 min de film hein, on dirait juste que ça dure 3h)

26/08/2021 12:02:29

> 50% de buddy movie (rigolo bon...)


Là c'est moi qui m'insurge, la prestation de Civil m'a fait tenir le film perso.


Sinon oui c'est vrai que c'est que le dernier tiers mais effectivement ressenti 3h.

26/08/2021 12:13:52

Meilleur moment du film sur la musique de Jul quand même,c'est pas riengue.

Message édité
31/08/2021 11:26:35

Mordechaye a écrit :

> 50% de buddy movie (rigolo bon...)

Là c'est moi qui m'insurge, la prestation de Civil m'a fait tenir le film perso.

Sinon oui c'est vrai que c'est que le dernier tiers mais effectivement ressenti 3h.


François Civil m'a fumé de rire, entre la dégaine, l'accent, et son personnage en tant que tel je sais pas si c'est voulu mais si oui ça a fonctionné x10 sur moi 

25/09/2021 16:21:47
Avis

C'est assez intéressant de comparer aux misérables de ly. Mis en parallèles on voit ici une version réussie du film primé à cannes et ça fait du bien.
Les acteurs sont incroyables, ce qui est déjà un énorme plus par rapport au premier film, il se dégage une vraie énergie de la réalisation, tout est punchy et on ne s'ennuie jamais.
Enfin, étant Marseillais, j'ai toujours un peu d'affect pour les films tournés ici. on y reconnait bien les endroits, de la cabucelle et son marché sur tapis déguelasse aux quartiers plus sympa des goudes ou de saint victor.
En revanche compliqué d'aller plus haut dans les notes, car si le film est très plaisant, il manque peut être un peu de fond. La fin clairement n'apporte rien, et tout l'aspect judiciaire n'a vraiment pas le moindre intérêt.
23/12/2021 22:19:36

En roue (arrière :hap: ) libre, Jimenez nous pond un truc démonstratif et opératique à la mise en scène telefilmo-clipesque.. un coup on se croirait sur France 3 dans un produit TV sans forme, un coup sur un top clip de la 17 (jpp la scène avec le gamin et la bagnole a contre-sens).. je sais pas trop quoi dire.. ca se rêve peut-être en polar urbain tendu du slip, sorte de mélange entre du "American Gangster" (lol) et "The Raid" (la scène dans la tour est naze) mais c'etait comme matter un épisode d'enquête d'action en version intime avec caméra embarqué, soirée merguez entre flics et "scène choc" reconstituée... Aussi ca joue mal mais ca gueule tout le temps alors c'est marquant tavu !


AAAAAARRRRGGGGGHH JJEEE GGGUUUEEEULLLLEEEE AAAAAARRRRRRGGGHHHHHH DDDOONNEEEZZZ MMOIIII UNNN CEESSARRRRRRR AAAARRRGGHH FFIILLS DEEE PUUTTEEE


Le 'house of the rising sun' final -cringe- (onch onch Casino) sonne la fin de la garde à vue d'1h40. 

Message édité
23/12/2021 22:29:05

Bizarre que t'aimes pas, pourtant c'est ni plus ni moins qu'un espèce de Clint Eastwood à la française ! :hap:

Message édité