Dans un jardin qu'on dirait éternel IMDb

Nichinichi Kore Kôjitsu
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Commentaires
Ein 15/09/2020 23:28:02

Un bien joli film.

Déjà objectif atteint d'avoir réussi à m'intéressé à cette art un peu difficile d'accès puisque je me suis procuré Le livre du thé de Kakuzo Okakura pour approfondir le sujet.

Je trouve le film un peu inégal parce que autant les scèness dans cette toute petite salle d'à peine 5 tatamis sont très réussies parce que Tatsushi Omori a su me faire ressentir cet espèce d'autre monde, où dès qu'on y met les pieds le temps n'a plus d'importance, ici la quintessence du bonheur c'est de répéter inlassablement encore et encore les mêmes gestes, faire le vide pour laisser parler uniquement ses mains, ne faire qu'un avec l'environnement autour et les éléments qui le compose : Tout est uniforme dans ce monde là, même ce jardin à peine visible derrière cette petite baie vitré semble être une extension de ce petit monde intérieur. C'est très instructif, très souvent surprenant et un peu absurde (les gestes de la professeur sont tellement ancestraux que même elle ne trouve pas d'explication à la manière de les exécuter, c'est rigolo).

Oui puis quand un film arrive à te faire découvrir de nouvelles choses, toutes bêtes que tu pratiques dans la vie de tous les jours mais auxquelles tu n'as jamais fait attention : sans déconner le bruit entre l'eau chaud et froide j'en revenais pas, et que tu essayes dès que tu rentres chez toi c'est quand même magique comme découverte :hap:

Et puis il y a la découverte de ce nouvel univers par les deux copines, les regards intrigués, la timidité des gestes, les questions trop insistantes, les gestes qui évoluent au fil des années (plusieurs décennies quand même), elles sont mignonnes comme tout ces deux actrices.


Par contre toutes  les autres à l'extérieur manquent peut-être de détail aussi ? là où il y en a en conséquence pour les cérémonies. Excepté la relation père/fille que j'ai trouvé très touchante sans insisté dessus, ce qui se passait à côté je m'en fichais un peu (d'ailleurs je n'en ai aucun souvenir...) du coup moi j'avais un peu de mal à comprendre cette jeune Noriko qui va et vient, qui doute de ce qu'elle veut faire de sa vie, mais en fait on l'a voit que trop peu sa vie, par intermittence et ça c'est dommage. 

Et puis il y a certaines scènes "très japonaises" qui sont un peu ratées ici je trouve, comme ce cri du cœur face aux éléments qui ne m'a pas touché du tout (puisque je n'avais aucun empathie pour le personnage et sa perte) là où la même chose dans Love Letter ça me fait chialer à chaque fois :hap:


Mais c'était très jolie et je vais enchainer avec The Ravine of Goodbye

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Shanghai 20/09/2020 12:04:54

📢Ein

ce cri du cœur face aux éléments qui ne m'a pas touché du tout (puisque je n'avais aucun empathie pour le personnage et sa perte)


Tu parles de la scène de "rêve" à la plage avec le père ? J'ai un doute parce que tu dis que la relation père/fille t'a touché. :hap:


J'ai beaucoup aimé tout le passage où on sent Noriko perdue. Elle voit son entourage aller de l'avant alors qu'elle a la sensation de faire du surplace, voire de reculer. Et surtout le parallèle de sa situation avec son attachement à l'art du thé est particulièrement fin. Tout ce que j'aime en non-dit qui laisse notre propre sensibilité résonner avec ce que l'on nous raconte.

Contrairement à la dernière partie,  "à l'époque on ne savait pas si l'on allait se revoir", et juste derrière Noriko et son père qui n'arrive pas à se trouver un moment, parce que même avec la technologie on a du mal à communiquer... situation qui s'enchaîne immédiatement avec la mort du père. J'ai trouvé ça trop surécrit pour que ça me touche. Et les "leçons de vie" dont le film nous gratifie à la fin m'ont un peu souffler aussi.


Par contre je me rends compte que j'adore Haru Kuroki. Quand elle sourit timidement en pinçant les lèvres, mon cœur fond.

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Waho 20/09/2020 12:28:59

Mais oui Haru Kuroki c'est une des meilleures actrices japonaise du moment. Et elle choisit très bien ses rôles, c'est rare de la voir dans quelque chose de nul. En plus de ses films elle est aussi excellente dans le drama Nagi's Long Vacation.

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ein 20/09/2020 20:49:16

📢Shanghai Tu fais bien fait de relever, oui c'est assez contradictoire comme ressenti.

Alors j'avais même pas capté que c'est un rêve en fait, et oui les scènes avec le papa je les ai trouvées très justes par contre  la mort qui suit n'a pas du tout fonctionnée, alors la scène de la plage tombe un peu à plat. Ce qui est d'autant plus étrange que le passage où il demande à sa fille si ils peuvent manger ensemble je crois ?  m'avait de suite touché parce que ça voulait tout dire... ). 

Peut-être qu'il y a un peu de ce que tu mentionnes concernant l'écriture trop appuyée je sais pas en fait...

Et puis cette scène de la plage je trouvais les sentiments trop forts par rapport au reste du film, ça m'avait surpris alors que jusque là il en fallait pas beaucoup pour que je trouve ça beau. Mais mon ressenti pourrait être différent du coup si c'était un moment rêvé, ça ferait plus corps avec le reste alors...

Shanghai 21/09/2020 16:01:29

Je parle de "rêve" pour faire simple mais en réalité j'ai plutôt ressenti ça comme une scène introspective et métaphorique (ce qui n'est pas incompatible avec un rêve), surement liée à un souvenirs. Je pense que c'est assez libre à l'interprétation de chacun.

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Shanghai 30/09/2020 12:07:32

📢Ein

Dans le film, à chaque saison, le vase dans l'alcôve et son contenant changent (ainsi que le rouleau). Tu sais si cette pratique à un nom spécifique ?


Edit : J'ai fait une petite recherche et je voit qu'il s'agit de l'ikebana, dont j'avais vaguement entendu parler.

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ein 30/09/2020 21:57:04

📢Shanghai Je pensais aussi à l'ikebana mais ça me semblait beaucoup moins composé et moins esthétique que ce qu'on a l'habitude de voir.

Du coup j'ai aussi fait une petite recherche et c'est ce qu'ils appellent le "Chabana" http://monpetitjapon.blogspot.com/2012/07/le-chabana-ou-la-fleurs-pour-le-the.html , un style de composition florale spécialement indiqué pour les cérémonies du thé :  où le vase et les fleurs changent en fonction des saisons en effet.

Et la composition florale serait directement lié au Kakemono (le rouleau au dessus ) présent aussi dans l'alcôve. C'est dingue mais ça rejoint vraiment la sensation que j'avais d'unité de l'ensemble des éléments de la pièce + jardin extérieur et le sentiment de plénitude que ça me procurait. 

C'est peut-être indiqué plus en détail dans mon bouquin, je suis en plein déménagement donc tout en vrac dans les cartons mais je m'y plongerai dès que j'en aurais l'occasion, c'est rageant de passer à côté de toutes ces significations alors qu'il semble que rien n'est laissé au hasard dans ce genre de pièce...


En tout cas ça donne vraiment envie de le revoir avec d'avantage de connaissances.

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