Le chardonneret

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Commentaires
frankwa 23/09/2019 18:26:11
Bien filmé, très bien joué, des thèmes intéressants mais parfois voire souvent survolés (apparemment le bouquin est assez dense); pourtant le film est assez long, 2h30, mais j'ai l'impression qu'un format mini-série aurait mieux convenu à cette adaptation.

Globalement j'ai trouvé les scènes de flashback (prédominantes) formidables, avec une petite nuance pour le personnage de Boris, trop cliché. Ce qui est dans le présent m'a moins emballé, même si Ansel Elgort porte très bien le personnage.

La dernière 1/2 heure passe difficilement, clairement moins intéressante (ou baclée) avec ses scènes d'action qui sortent un peu de l'univers du film; et le sentiment que certains passages sont expédiés, notamment quand on apprend la motivation des personnages, on se dit un peu "tout ça pour ça" alors qu'un peu plus développé ça serait mieux passé.Message édité
Stebbins 10/12/2019 20:45:22
Ma critique du roman Bienvenue dans l'univers de la brillante Donna Tartt : troisième longue création littéraire de la romancière américaine Le Chardonneret est un livre à la densité pratiquement inespérée ; roman d'un tricheur qui ne s'ignore pas Le Chardonneret est surtout et avant tout un drame existentiel aux registres variés. Très intelligemment narré et élégamment écrit ledit drame nous plonge dans l'esprit tortueux du jeune Theo Decker, étrange Raskolnikov des temps modernes se trouvant à son corps défendant en possession du chef d'oeuvre de Carel Fabrititus donnant son titre au roman de Tartt...

Le Chardonneret bénéficie d'une galerie de personnages particulièrement bien développés : il y a d'abord Welty, l'homme providentiel et son parent Hobie, l'intemporelle et angélique Pippa, la famille Barbour, le père de Theo et sa nouvelle conquête Xandra et surtout l'irrésistible Boris, LE personnage du roman. Charmant, ambigu, agité, charismatique, damné et cultivé Boris est l'une des figures littéraires les plus subjuguantes lues depuis fort longtemps, renouant avec celles du premier chef d'oeuvre de Donna Tartt : Le maître des illusions.

Malgré un style parfois bavard et excessif le roman se lit plutôt aisément, convoquant à notre esprit la complexité existentielle des ouvrages redoutablement nuancés de Dostoïevski ( Crime et Châtiment bien sûr ; L'Idiot est également cité en fin de récit...) tout en explorant l'absurdité de la frontière séparant le Bien du Mal et la gravité du matérialisme à travers les âges ( par l'entremise de la figure de Hobie Blackwell, principalement ). Plus un prétexte à raconter un passionnant scénario de vie le fameux tableau tient une place discrète mais sous-jacente au fil du roman, métaphore de la gigantesque prison dorée dans laquelle s'agite vainement puis lucidement Theo Decker : remarquable.