Sindbad

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Commentaires
Kino 02/04/2015 11:29:22
C'est quand même impressionnant comme film. Imparfait, sûrement un peu longuet, mais réellement impressionnante l'aisance visuelle et stylistique avec laquelle Zoltán Huszárik parvient à retranscrire les souvenirs et les émois amoureux d'un homme au crépuscule de sa vie. C'est presque la version grivoise du Miroir tarkovskien dans laquelle les réminiscences prendraient la même essence profondément lyrique et poétique. Comme dans Elégia, la pulsation cinématographique est duplice, les souvenirs intervenant autant par voie de longues séquences dialoguées que dans une frénésie onirique de plans saccadés. Comme dans Elégia, l'utilisation des images subliminales touche au sublime, flash d'une femme nue allongée dans l'herbe, références picturales (les tableaux et les sculptures sont légion et ont une portée essentiellement esthétique et symboliste), ralentis langoureux et sensuels.

Zoltán Huszárik opte ainsi pour une forme qui mêle le souvenir au fantasme, l'onirisme atteint le film jusqu'à sa photographie, hautement colorée. Il brouille les indices temporels, les réminiscences reviennent dans une déconstruction mémorielle et narrative, sans référence à l'instant dans lesquelles elles prennent place.

Une rêverie amoureuse et mélancolique qui mérite sûrement à Sindbad le titre qui lui est fréquemment accolé : l'un des plus beaux films du cinéma hongrois.