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Commentaires
Kino 23/06/2014 02:24:45

Un troisième long-métrage absolument dingue. Nébuleux, (sur)prenant, particulièrement déstabilisant, l'Homme qui ment cultive un rapport pour le moins atypique avec la Vérité. Ici, comme dans Rashômon (au hasard et bien que le film de Robbe-Grillet soit nettement plus obscur et labyrinthique), la narration est malléable, changeante, au fur et à mesure que les nombreux bobards du personnage joué par Trintignant se font jour. Robbe-Grillet poursuit donc un concept presque similaire à son Trans-Europ-Express mais avec plus de maîtrise. Cependant, le récit est désarticulé, confus, ampoulé, quasi lynchéen une fois de plus. Et l'érotisme qui prend une place de plus en plus importante dans l'oeuvre de Robbe-Grillet avec ses sursauts SM à la fois franchement bluffants et totalement inattendus.
Fétichiste, fou, sensuel et décoiffant, c'est très très recommandable une fois de plus.

Et puis, ce qui est intéressant avec Robbe-Grillet, c'est, outre cette esthétique de la chair particulièrement léchée, la façon qu'il a de caresser ses personnages avec sa caméra, ceci avec un désir presque palpable et bien sûr sacrément communicatif !

Sinbad 30/12/2017 17:45:46

Je comprends pas, je m'étais fait atrocement chier devant Marienbad, et là après L'immortelle que j'avais déjà bien aimé, celui-là j'adore
Je devrais peut-être le revoir Marienbad, j'étais peut-être pas d'humeur.

En tout cas je suis d'accord avec Kino, c'est vraiment dingue comme film, avec ce montage chaotique, quasi psychédélique qui servait déjà de toile de fond pour 'L'immortelle' et qui ici prend une dimension encore supérieure, Robbe-Grillet joue avec les cuts, les prises de vues, s'amuse à altérer les temporalités et à tromper ouvertement le spectateur qui se perd vite dans un dédale de mensonges et de faux-semblants, chose annoncée dès l'écran-titre d'ailleurs. J'adore aussi comment est amené l'érotisme dans ses films, distillé par touches subtiles, troublant, toujours à la lisière de l'explicite, et cette virtuosité pour caresser la figure féminine avec la caméra, et à invoquer le désir...

Et puis y a Trintignant, qui insuffle une ambiguïté et une perversité à son personnage et clame son texte avec nuance, quel formidable acteur.

Stebbins 31/12/2018 03:45:14

Film piégeux, au récit déstructuré et déstructurant. A la fois passionnant et redondant le troisième long métrage de Robbe-Grillet reste dans la ligne directe des deux précédents ; il invite aux relectures et aux exégèses tout en conviant le spectateur à une expérience ludique fascinante, à travers laquelle plane l'ombre du maître de l'absurde : Eugène Ionesco. Brillant.